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Concarneau ville close,
de la sardine au touriste :

Au champ du coq, visite de la ville close de Concarneau : vieille ville sardinière populaire et grouillante, désormais vouée aux seules hordes touristiques dont nous sommes un bon exemple. À cette heure, les magasins de la rue unique ouvrent : La Concarnoise, maison Courtin conserverie depuis 1893... Conserverie Gonidec, maison familiale depuis 1959… Jean Burel artisan conserveur vingt ans de mer… Biscuiterie de Concarneau ville close… Kouing-Aman original le vrai… La criée est devenue musée de la pêche, l’église reconvertie en «  Chape’l Théâtre  »… Bref, tout un destin français bien d’aujourd’hui : les usines, la pêche, l’agriculture : c’est du passé ! L’avenir est aux musées, aux cafés, aux boutiques de souvenirs, à la bouffe et aux produits « locaux » Mais attention : que de l’authentique et du traditionnel ! Il s’agit de ne pas décevoir le touriste fut-il Français et de lui fournir du véritable terroir certifié type béret basque, kil de rouge et baguette sous le bras ! « Une espèce de contamination muséale se répand partout… » notait déjà Julien Gracq.
Assis sur le bord du quai, contemplant le ressac, je ressasse mélancoliquement ces mots de Gracq.

Le ciel m’y encourage :
une poétique mouette lâche sa déjection
avec une diabolique précision
juste sur le revers de mon pantalon frais sorti du pressing…
Il est de la nature du philosophe d’être éprouvé !

François-Marie Legœuil, 2017