En marche vers une France radieuse Chapitre 2
Rencontrer le peuple, que c’est dur !
Raphaël Glucksmann - citoyen du Monde, philosophe héréditaire, prophète politique - dans une interview sur Arte le 9 janvier 2012, nous a fait cette très franche et désarmante confession que j’avais pieusement conservée depuis dans les limbes de mon cloud : « Moi, je suis né du bon côté de la barrière socio-culturelle. Je fais partie de l’élite française, j’ai fait Sciences Po comme la majorité des gens qui nous gouvernent. J’ai eu la chance de pouvoir jouir de cette société de solitude. Quand je vais à New York ou à Berlin, je me sens plus chez moi culturellement a priori que quand je me rends en Picardie. Et c’est bien ça le problème. Et simplement, ce qu’il faut essayer de faire, c’est sortir de soi-même. Et essayer de comprendre, ce que ne fait plus majoritairement l’élite française qu’on peut parfaitement soi-même trouver géniale cette émancipation vis-à-vis de tout type de structure politique, mais que ça ne nous permet pas de faire un Peuple. Or, il n’y a pas de démocratie si on ne fait pas un Peuple… »
Mais attention ! Une telle audace philosophique poussera-t-elle ce radieux citoyen du Monde à se hasarder aux confins crépusculaires et mystérieux de l’Univers civilisé, c’est-dire - soyons fou ! - au moins jusqu’à Compiègne pour se frotter au Peuple, le vrai, celui des bas du front des ronds-points, des clopes, du barbecue et du gazole… ?
La politique, c’est une affaire de nez !
La France est le pays du vin. Et le vin est d’abord affaire de nez. Chacun, le nez dans son verre ballon surenchérit sur les précisions : « on est » sur des notes de fruit rouge dit l’un, plutôt de sous-bois, dit l’autre. Moi, qui n’ai aucun nez j’ajoute avec aplomb : « une subtile note de cuir… oui, mais cuir de Cordoue ! » On parle souvent de politique en buvant un verre. C’est pourquoi à mon avis, tel un virus, le nez est passé du verre à la politique. Le vin, c’est subtil, la politique c’est brutal. Alors, foin des notes et des nuances, en politique on est sur le terrain des odeurs, des effluves, de la puanteur. En un mot : Ça pue ! En politique, les deux maîtres-mots sont : rance et nauséabond. À la limite du supportable, la palette ne peut aller plus loin dans la subtilité.
Juste quelques exemples odoriférants très actuels avec les élections qui sont le terrain de choix de la pestilence :
Pour Bernard-Henri Lévy - l’indéréglable boussole de la Raison, « nos élections législatives (de 2022) révèlent cette France rance … qui n’aime pas la France ».
En vue de celles de juillet 2024, Libération affirma : « Seul un Front populaire version 2024 pourra faire barrage à la vague nauséabonde de l’extrême droite. »
La réélection de Yaël Braun-Pivet au perchoir libéra les narines :
Le Figaro du 13 juillet 2024 : « Accusée de collusion avec le RN, Yaël Braun-Pivet dénonce une polémique « nauséabonde ».
Sur le même sujet, John Timsit écrit le 18 juillet 2024 : « Nauséabond coup de force d’une clique : la gauche en colère après la réélection de Yaël Braun-Pivet »
Une nouveauté : depuis octobre 2023, les odeurs semblent souffler aussi de l’autre côté de l’hémicycle : « Jean-Luc Mélenchon se rabougrit avec une sémantique aux relents nauséabonds », dénonce Jérôme Guedj le 12 mai 2024.
Renifler des effluves chez le voisin n’empêche même plus désormais d’être soi-même à l’abri :
Le 14 mai 2023, G. Darmanin déclare : « Les attaques contre la République sont inacceptables : l’extrême droite a encore montré son visage nauséabond. »
Mais le 18 décembre suivant, le syndicat Sud PTT l’accuse à son tour de cocotter comme on disait aux temps lointains où j’étais jeune : « Loi Darmanin : un projet nauséabond »
Finalement, qui ne sent pas ?
Depuis peu, la pestilence gagne aussi les spectacles :
Pour la Cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de rugby (8 sept 2023) Jean Dujardin en boulanger, chantait avec insouciance la joie de vivre à la française avec béret, moustache et triporteur chargé de baguettes. La baguette et le béret c’est bon pour les sans dents des ronds-points, Libé se boucha le nez : « allez la Rance ! »

Après cette étude approfondie du sujet comme vous avez pu le constater, je décerne le Grand prix de l’Utilisation du Nez en Politique à la gauche française, journaux et politiciens confondus. Pour les médias, c’est Libération qui emporte le Titre haut la main. Pour la gauche, la moitié de la population est rance et nauséabonde, mais depuis peu une partie de l’extrême gauche aussi. C’est dire si notre Hexagone est parfumé ! Qui donc en réchappe ? Je conclurai avec cette désolante constatation : en matière de nez, la droite, beaucoup trop rance selon la gauche, semble en avoir le nez bouché. Son cas relève-t-il de l’oto-rhino, du psychiatre ou de la rééducation en régime sévère ?
Les Gays, c’est l’inflation !
Dans mon petit lexique de Novlangue, (à lire dans cette même rubrique) en 2021, le sigle en vigueur s’écrivait en « seulement » huit signes : LGBTQIA+...
Aujourd’hui, aux États-Unis (pionniers en la matière), le progrès est tel, qu’il faut désormais 13 signes pour parcourir l’arc homo : LGBTTQQIAAPO+ : lesbian, gay, bisexual, transgender, transexual, queer, questioning (des personnes qui se questionnent sur leur sexualité), intersex, asexual, allies (les alliés hétérosexuels de la cause), pansexuels (qui revendiquent une attirance pour n’importe quel genre sans tenir compte de la différence), O, pour « other » (les autres).
Les gays évoluent plus vite que l’Histoire : la lettre « O » et le signe "+" de leur sigle sont prometteurs de raffinements futurs pour mon plus grand plaisir de Flâneur.
Les Gender Studies le démontrent scientifiquement : la Lesbienne n’est pas une femme !
La réalité ne serait qu’un mirage : contrairement à ce que le vulgaire croyait de toute éternité, les lesbiennes ne sont pas des femmes. Le mouvement des Gouines Rouges le proclame en multipliant les happenings dans les réunions du MLF pour démontrer que la notion de Femme est une pure construction sociale qui ne peut exister que dans le cadre de l’hétérosexualité qui est elle-même une simple construction sociale. Pour leur pythie Monique Wittig, la femme n’existe pas en réalité, ce n’est qu’une abstraction qui ne se comprend que parce qu’il existe des hommes. Si elles veulent échapper à cette « souffrance des anciennes lesbiennes, » (qui ne se sentaient lesbiennes que par rapport aux hommes) il leur faut sortir de ce carcan pour devenir des lesbiennes politiques radicales, c’est-à-dire des lesbiennes assumées qui le sont par choix et qui existent en dehors des hommes.
Féminationalisme, un concept nauséabond !
Féminationalisme, ce concept développé par Laurence de Cock et Caroline de Haas leur permet notamment de dénoncer les propos tenus par l’ex-ministre Marlène Schiappa qui -souvenez-vous- avait accusé les féministes de ne pas prendre en compte les 1.200 viols commis par les migrants dans la fameuse nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne et à Hambourg en 2016. Marlène s’était alors rendue coupable de « féminisme identitaire », cette honteuse dérive que de Cock et de Haas appellent le « feminationalisme » et qui est incarné par le nauséabond et féministe Collectif Némésis, du nom de la déesse grecque de la justice. Les groupes féministes anti-fa ne s’y sont pas trompé qui ont violemment rossé ces nauséabondes filles de Némésis qui s’autoproclament de gauche et prétendaient de ce fait participer à la manif contre l’extrême droite le 27 juin 2024 à Paris :

Car de Haas l’enseigne, le féminationalisme, c’est l’inverse du féminisme intersectionnel qui postule la convergence des luttes avec les damnés de la terre et refuse par conséquent l’existence d’un « patriarcat d’importation » : un violeur « racisé » ne peut exister que dans l’imagination dévoyée du Blanc hétéro.
Mais attention, Mesdames, les choses ne sont pas si simples : entre Ni Putes, ni Soumises, les Gouines Rouges et les Viragos Vertes, que devez-vous choisir pour être à la page et briller en société ?

Les Féministes radicales sont entrées en conflit ouvert avec l’antique mouvement Ni Putes ni Soumises accusé de soutenir ce concept erroné de mâle violeur quel que soit son origine raciale. Car tout le monde sait que seul le mâle blanc est coupable : le Blanc, c’est un violeur structurel, biologique en quelque sorte, tandis que le mâle racisé, lorsqu’il viole, le fait malgré lui, poussé par ses souffrances héréditaires de damné de la terre. Ce n’est "pas sa faute, le pauvre !" C’est la raison pour laquelle, ces féministes ancienne mode qui ne sont pas capables d’admettre cette différence évidente, ont été rejetées récemment dans les poubelles de l’Histoire par les Gouines Rouges. Les pouvoirs publics clairvoyants et éclairés - comme ceux de Nantes- ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en supprimant les subventions aux Ni Putes Ni Soumises pour les attribuer aux Gouines Rouges qui sont les seules à incarner dans toute sa pureté le féminisme intersectionnel, sans aucune dérive hétéro-nationale nauséabonde…
Et c’est comme cela que les Ni Putes Ni Soumises ne sont plus qu’un souvenir ayant été privé de sous pour avoir péché contre la doxa… Comme quoi, l’impôt permet de séparer le bon grain de l’ivraie en clarifiant qui est nauséabond et qui est progressiste.
Mais attention ! ne commettez pas l’erreur fatale de confondre les Gouines Rouges avec les Viragos Vertes qui elles, suivent une stricte ligne écolo en pratiquant cette pureté « non mixte » qui les tient à distance des écolos ordinaires de gauche qui sont mixtes, car elles admettent dans leurs rangs les mâles Blancs. Ce qui est, convenez-en une pratique immonde. Et n’allez pas croire qu’il s’agit là des Cinquante nuances de Grey, des midinettes américaines ! Non, ce sont des différences ontologiques !
Le drapeau tricolore, c’est Non ! Du Trans au Bi et du Bi au Non Bi, à chacun son genre, à chacun son drapeau !
Le chanteur suisse Nemo a remporté l’Eurovision 2024 avec sa chanson The Code (J’ai brisé les codes, / C’est là que j’ai trouvé mon royaume). Lors de la soirée, l’artiste a pridement (je viens de l’inventer sur la base de Pride) brandi le drapeau de sa communauté, ces Non-binaires qui ne se reconnaissent ni comme homme ni comme femme :

Comme l’explique doctement le site des non-binaires, « ce drapeau se différencie nettement du drapeau arc-en-ciel, rouge, orange, jaune, vert, bleu et violet, plus connu du grand public et qui symbolise l’ensemble de la communauté LGBT+ (lesbienne, gay, bisexuel et transgenre) ».
Ce drapeau LGBT canal historique, je le vois tous les jours peint sur le passage clouté à Avignon devant l’Office de tourisme, mais depuis 2020, tellement de chaussures l’ont foulé que ses couleurs ont passé. Le voici dans sa splendeur d’alors :

Je suis certain que les couleurs seraient encore éclatantes, si au lieu de devoir marcher dessus pour le traverser, la Municipalité avait pris un arrêté pour obliger les passants à marcher sur les mains ce qui aurait eu l’avantage supplémentaire d’éviter à fouler avec des pieds sacrilèges l’emblème sacré des LGBT+. Mais le respect du sacré n’est pas le fort de nos autorités municipales.
L’avenir de la famille, c’est Le Trouple !
LE HUFFPOST du 27 juillet (journal des Américains de Paris) titrait enthousiaste à propos de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques : « Diversité - « Un grand bal populaire » avec les drag-queens Piche, Paloma et Nicky Doll, un trouple qui s’embrasse dans une chambre de bonne, une playlist concoctée par la DJ lesbienne Barbara Butch… La cérémonie d’ouverture des J.O. de Paris a été peuplée de moments queers et de tableaux dédiés aux personnes LGBTQ+. »

Le comédien Yuming Hey, protagoniste de ce fameux Trouple de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques proclame dans le journal 20 Minutes : « Pour moi, c’est la célébration de l’amour avant tout. Je n’ai pas envie de mettre des amours dans des cases. »
Pour savoir ce qu’est un Trouple, il faut aller à la source en chercher la définition orthodoxe, en consultant le Site officiel « Familles LGBT » : « Un trouple, c’est un groupe de trois personnes entretenant une vie commune. Attention, il ne s’agit pas de polygamie, car chacun des membres du trouple entretient des relations égales avec les deux autres. Le trouple est donc une sorte de couple à trois. Bien qu’il n’existe actuellement aucune reconnaissance du trouple dans la loi en France, il est possible de signer une convention de trouple, afin d’organiser la vie commune. Les unions à plus de deux personnes ne sont pourtant pas inconnues à l’étranger. Aux Pays-Bas, l’union civile entre trois personnes est reconnue depuis 2005. En Colombie, les unions à trois étant traditionnellement reconnues, le mariage à trois personnes est possible depuis 2017. »
Vivement qu’on vote le mariage à Trois pour pouvoir l’élargir ensuite à Quatre et puis ouvrir enfin cette avancée à Cinq. Il nous restera alors à graver ce nouveau Droit Humain dans le marbre immarcescible de la Constitution. L’avenir s’avère radieux ! Il est bon d’être prévoyant et de mettre ainsi de côté pour nos vieux jours quelques conquêtes de droits à faire pour alimenter nos futures Manifs… Ce qui en prime alimentera les si délicieuses craintes des toujours possibles atteintes et remises en questions haineuses et nauséabondes de ces nouveaux droits par les rances Tradi.
Faites-moi penser à traiter un jour à fond l’adjectif « haineux » : il y a du boulot !
J’ai commencé cette rubrique en citant le candide chef de file de la liste PS aux Européennes qui confessait son mal-être à s’aventurer en Picardie à 40km de la Capitale. Prenons l’autre bout du spectre : j’ai entendu l’autre jour sur Europe 1 (lundi 22 avril 2024) Pascal Praud qui parlait avec un "marin de pont" retraité de la Marine nationale habitant un petit village de l’Aube, lui dire en riant : « la campagne c’est bien, mais Paris c’est la vie facile, les restos, les distractions, tandis que les dimanches en Province, je veux dire dans les Territoires et bien, c’est ... pas terrible... »
J’ai trouvé cela tout à fait emblématique de notre temps : il y a les "élites" et le reste des Français avec Glucksmann, il y a Paris et la Province - pardon les Territoires- avec P. Praud. Tout cela est très exagéré, la France profonde comporte bien des endroits fréquentables pour rencontrer le vrai Peuple et je cite au hasard : l’Île de Ré, le Cap Ferret, Courchevel, Deauville, Le Touquet...
Nous vivons une époque formidable !
François-Marie Legœuil
le 1er août 2024
Pour la définition LGBT officielle du Trouple : Cliquez ici
Interview de Raphaël Glucksmann :Cliquez ici
Vous venez de lire En marche vers une France radieuse, chapitre 2. Pour lire le chapitre 1 ou pour lire le Petit lexique novlangue pour les Nuls, revenez en haut de cette page et cherchez ces articles dans la Table des matières à droite…
