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		<title>Au fond de l'Anjou, seconde rencontre avec Christophe</title>
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		<dc:date>2023-12-05T07:36:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;En ce mois d'ao&#251;t, en Anjou, l'&#233;t&#233; &#233;tait &#224; son apog&#233;e, le soleil implacable. Avec des amis, nous cherchions notre Christophe loin, tr&#232;s loin des autoroutes dans un d&#233;dale de chemins ruraux, fort bien goudronn&#233;s, mais dont les panneaux de signalisation n'&#233;taient pas le point fort. Et soudain, on se retrouva en plein centre de Boissi&#232;re : un minuscule carrefour, cinq ou six maisons&#8230; C'est derri&#232;re la grange que l'on d&#233;couvrit la chapelle Saint-Christophe : Ce fut jadis une paroisse. Mais seul (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce mois d'ao&#251;t, en Anjou, l'&#233;t&#233; &#233;tait &#224; son apog&#233;e, le soleil implacable. Avec des amis, nous cherchions notre Christophe loin, tr&#232;s loin des autoroutes dans un d&#233;dale de chemins ruraux, fort bien goudronn&#233;s, mais dont les panneaux de signalisation n'&#233;taient pas le point fort. Et soudain, on se retrouva en plein centre de Boissi&#232;re : un minuscule carrefour, cinq ou six maisons&#8230; C'est derri&#232;re la grange que l'on d&#233;couvrit la chapelle Saint-Christophe :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/boissiere/chapelle.jpg?1740416268' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut jadis une paroisse. Mais seul le ch&#339;ur avait surv&#233;cu &#224; la R&#233;volution et &#224; sa guerre contre les Chouans du colporteur et chef de guerre Cathelineau &#171; le Saint de l'Anjou &#187;. &#192; la Restauration on en fit une chapelle d&#233;di&#233;e &#224; saint Christophe, la seule statue qui avait surv&#233;cu au d&#233;sastre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/boissiere/statue autel.png?1740416268' width='500' height='283' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette statue de la fin du XVIIe si&#232;cle est la synth&#232;se de toute l'iconographie traditionnelle du saint. Ce rude et athl&#233;tique personnage est un passeur de gu&#233;s, il gagne sa vie en portant sur ses robustes &#233;paules les voyageurs craintifs qui ne veulent pas se mouiller. On le voit ici en action ; il a relev&#233; sa tunique sur ses jambes nues, car le fleuve est en crue : les vagues vertes sur ses mollets sont hautes et mena&#231;antes... il porte sur son dos un enfant si l&#233;ger que le bon g&#233;ant en avait rigol&#233;. Mais au milieu de la rivi&#232;re, l'enfant devint de plus en plus lourd et pour ne pas s'enfon&#231;er, notre passeur dut s'appuyer fermement sur son b&#226;ton. C'est que l'enfant n'&#233;tait autre que l'Enfant J&#233;sus qui, lui, porte tout le poids de la lourde condition humaine&#8230; l'enfant l&#232;ve l'index droit vers le ciel pour montrer d'o&#249; il vient, et tient dans sa main gauche le globe terrestre, signe de sa royaut&#233; sur la Cr&#233;ation. Le bon saint prit d&#232;s lors le nom de Christophe - Christophoros - celui qui porte le Christ... Comme le raconte l'Archev&#234;que de G&#232;nes Jacques de Voragine dans la &lt;i&gt;L&#233;gende dor&#233;e&lt;/i&gt;, son b&#226;ton se termine par des feuilles et un fruit : car apr&#232;s avoir travers&#233;, l'enfant lui avait sugg&#233;r&#233; de planter son b&#226;ton dans la terre ; le lendemain, il avait fleuri et fructifi&#233;, preuve visible que c'&#233;tait bien le Christ que Christophe avait port&#233; sur ses &#233;paules. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L413xH550/St Christophe-72d34.jpg?1740471306' width='413' height='550' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long du XIXe si&#232;cle, seules les femmes du hameau venaient honorer Christophe, ou du moins, seules les femmes y ont laiss&#233; la trace de leur passage et de leur ferveur. Dans ces campagnes recul&#233;es, les m&#233;decins &#233;taient rares : quand on &#233;tait &#171; &lt;i&gt;en mal d'enfants &lt;/i&gt; &#187; &#224; qui pouvait-on se confier ? Il n'y avait que saint Christophe, on se confia donc &#224; saint Christophe... d'autant qu'il portait un enfant, objet de tous les d&#233;sirs, et brandissait un signe prometteur : son b&#226;ton, bien que dess&#233;ch&#233;, avait fleuri et fructifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;tait trop pauvre pour allumer la bougie qui attesterait son recours au saint. Mais chaque femme, m&#234;me la plus n&#233;cessiteuse, avait au moins une &#171; &#233;pingle de nourrice &#187; pour attacher sa jupe, sa coiffe ou son fichu. Alors, la pauvre jeune fille d&#233;tachait l'&#233;pingle, et la plantait dans la jambe d&#233;nud&#233;e du saint pour attirer physiquement son attention, et en bonne paysanne connaissant les r&#233;alit&#233;s triviales de la vie, pour faire plus r&#233;aliste, y ajoutait une goutte de sang :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L413xH550/epingle-74495.jpg?1740471306' width='413' height='550' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nul besoin d'&#234;tre Freud pour souligner le rapport profond entre le b&#226;ton dess&#233;ch&#233; qui retrouve vigueur, la piq&#251;re, le sang et le d&#233;sir d'enfanter&#8230; Encore aujourd'hui, le spectateur tr&#232;s attentif peut apercevoir ces dizaines d'&#233;pingles d&#233;sormais rouill&#233;es et ces gouttes de sang qui blessent toujours les jambes de bois de notre belle et na&#239;ve statue du XVIIe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais entre les deux guerres - les Mondiales - les campagnes se vident, les jeunes paysannes deviennent rares, la pi&#233;t&#233; baisse, les d&#233;votes s'&#233;vaporent&#8230; la chapelle est d&#233;sert&#233;e. Puis en 1937, la voiture commence &#224; ramener dans les campagnes profondes les premiers touristes dont la m&#233;daille de saint Christophe se met &#224; garnir les r&#233;troviseurs. On se souvient alors que saint Christophe &#233;tait celui qui prenait soin de ceux qui avaient peur de la travers&#233;e... des accidents et des hasards du voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le saint reprit sa vocation premi&#232;re : prot&#233;ger le voyageur des p&#233;rils du voyage. En 1937, on fit appel au peintre Xavier de Langlais - alors tr&#232;s connu dans tout l'Ouest - pour r&#233;aliser dans le ch&#339;ur une grande fresque c&#233;l&#233;brant le protecteur du voyageur b&#233;nissant les moyens modernes de d&#233;placement. Le tout avec une palette de couleurs qui rappelle celle de ces Nabis que l'on peut admirer au mus&#233;e Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche, les chevaux s'emballent sous l'&#233;clair qui les frappe et la charrette va bient&#244;t &#233;craser la petite berg&#232;re p&#233;trifi&#233;e qui tient son fuseau, son chien &#224; ses pieds. Dans le ciel d'orage, la temp&#234;te met le dirigeable et le petit avion en p&#233;ril tandis que l'aviateur se sauve en parachute&#8230; le beau voilier de r&#233;gate va sombrer dans la mer d&#233;cha&#238;n&#233;e, l'&#233;quipage l'abandonne et tente de gagner la c&#244;te sur le canot tout blanc... la moto va &#233;craser le gamin qui court sur le bord du chemin&#8230; la belle et rapide berline va culbuter le puissant express cach&#233; par la cahute du garde-barri&#232;re. Mais saint Christophe veille et retient le bras de l'Ankou qui d&#233;j&#224; pr&#233;parait sa faux. L'Ankou lui-m&#234;me qui vient pourtant du fond des si&#232;cles bretons est coiff&#233; d'un casque de cuir d'aviateur, des lunettes de tankiste remont&#233;es sur le front : un v&#233;ritable &#233;quipement pour un h&#233;ros de &lt;i&gt;Mad Max&lt;/i&gt;...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/boissiere/fresque.jpg?1740416268' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre passe - la seconde mondiale bien s&#251;r - les automobilistes et les touristes deviennent si nombreux que le cur&#233; va relancer un p&#232;lerinage qui se d&#233;roule encore aujourd'hui un dimanche d'ao&#251;t. Apr&#232;s la messe, le cur&#233; b&#233;nit les v&#233;hicules des croyants qui le demandent et le Maire leur remet une m&#233;daille de saint Christophe : il peut exister encore dans certains coins de France b&#233;nis des Dieux, une fraternit&#233; entre Peppone et Don Camillo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les premiers p&#232;lerinages, le cur&#233; avait fait r&#233;aliser au pochoir sur les murs de sa chapelle des silhouettes de voitures sur lesquelles le p&#232;lerin apposait son num&#233;ro d'immatriculation apr&#232;s la b&#233;n&#233;diction de sa voiture ou de sa moto... Mais ces num&#233;ros sont d&#233;j&#224; devenus des souvenirs historiques prot&#233;g&#233;s et la coutume a pris fin par manque de murs... ou d'amateurs :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/boissiere/voitures.jpg?1740416268' width='500' height='375' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;poesie&#034;&gt;Aujourd'hui, une page est en train de se tourner :&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le XXe si&#232;cle avait vu le retour de saint Christophe, le XXIe est en train de le voir dispara&#238;tre : la peur de l'accident est d&#233;sormais confi&#233;e - non plus au traditionnel saint intercesseur, mais &#224; l'Intelligence artificielle - la fameuse I.A.- de la voiture sans chauffeur d'Elon Musk. Quant au &lt;i&gt;&#171; d&#233;sir d'enfant, &#187;&lt;/i&gt; on vient enfin de comprendre que ce n'&#233;tait qu'une s&#233;quelle populiste du patriarcat syst&#233;mique de notre soci&#233;t&#233;. C'est pourquoi, en d&#233;cembre - f&#234;te de l'enfant qui arrive - le Parlement va graver avec une ferveur religieuse, dans le marbre immarcescible de la Constitution afin de la &#171; &lt;i&gt;sacraliser&lt;/i&gt; &#187;, cette Valeur r&#233;publicaine universelle et imprescriptible qu'est l'Avortement, symbole de toutes les &#171; &lt;i&gt;luttes intersectionnelles&lt;/i&gt; &#187; et de tous les espoirs de progr&#232;s des citoyen.nne.s &#233;clair&#233;.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de nous souvenir qu'en 1795, en pleine tourmente r&#233;volutionnaire, le sulfureux ci-devant Marquis pr&#233;nomm&#233; Donatien Alphonse Fran&#231;ois, encourageait ses confr&#232;res de la Section sans-culotte des Piques &#224; en finir avec la morale obsol&#232;te du vieux monde traditionnel en publiant son pamphlet de d&#233;construction : &lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;poesie&#034;&gt;&#171; Fran&#231;ais, encore un effort ! &#187;&lt;/i&gt; :&lt;/h4&gt;&lt;p class=&#034;signature&#034;&gt;Fran&#231;ois-Marie Leg&#339;uil 5 d&#233;cembre 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH336/ankou-65571.jpg?1740471306' width='500' height='336' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Paris, premi&#232;re rencontre avec Christophe</title>
		<link>https://flaneurtextuel.fr/spip.php?article120</link>
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		<dc:date>2023-11-09T07:35:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Ce bon vieux Christophe, on le rencontre encore souvent en France. Car dans les lointains brumeux du Moyen-&#194;ge, on le trouvait toujours, l&#224; o&#249; le voyageur cheminait sur ces &#171; grands chemins &#187; alors si p&#233;rilleux et hasardeux. On ne peut imaginer aujourd'hui combien ce saint accordait un secours moral aux malheureux chemineaux : &#171; Regarde saint Christophe et va t'en rassur&#233; &#187; disait-on. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi son effigie figure sur des porches, et m&#234;me dans des escaliers, comme ici en Vaucluse &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce bon vieux Christophe, on le rencontre encore souvent en France. Car dans les lointains brumeux du Moyen-&#194;ge, on le trouvait toujours, l&#224; o&#249; le voyageur cheminait sur ces &#171; grands chemins &#187; alors si p&#233;rilleux et hasardeux. On ne peut imaginer aujourd'hui combien ce saint accordait un secours moral aux malheureux chemineaux : &lt;i&gt;&#171; Regarde saint Christophe et va t'en rassur&#233; &#187; &lt;/i&gt; disait-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi son effigie figure sur des porches, et m&#234;me dans des escaliers, comme ici en Vaucluse &#224; Pernes-les-Fontaines dans l'escalier de la Tour Ferrande : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L334xH500/FERRANDE-32403.jpg?1740481778' width='334' height='500' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien plus souvent, on le trouve encore sur les fa&#231;ades de la multitude de chapelles qui s'&#233;grenaient au long des routes et dans toutes les &#233;glises des villes de p&#232;lerinage ou de foire, comme ici dans notre r&#233;gion, aux confins de l'Is&#232;re et de la Dr&#244;me, &#224; Saint-Antoine-l'Abbaye :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/christophe/st antoine abbaye.jpg?1740416280' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je l'ai m&#234;me rencontr&#233; l'autre jour &#224; Avignon, chez mon libraire pr&#233;f&#233;r&#233; de livres anciens : car au XIXe si&#232;cle, les colporteurs vendaient encore de ferme en ferme l'oraison &#224; saint Christophe en images d'&#201;pinal. Sur cette image, les p&#233;rils du voyage spirituel ont, me semble-t-il, remplac&#233; les peurs des grands chemins qui &#233;taient devenus plus s&#251;rs : &lt;i&gt;&#171; Oraison. Seigneur tout-puissant, daignez exaucer la fervente pri&#232;re que nous vous adressons par l'intercession de ce grand saint ; donnez-nous la gr&#226;ce d'imiter ses vertus et accordez-nous la force n&#233;cessaire pour pers&#233;v&#233;rer dans l'exacte observance de vos saints commandements, afin de m&#233;riter un jour une place dans le s&#233;jour des justes. Ainsi soit-il. &#187; &lt;/i&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L430xH550/Epinal St Christophe-43225.jpg?1740481778' width='430' height='550' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XXe si&#232;cle, o&#249; l'automobile, le train, l'avion ont banalis&#233; le voyage, on trouvait encore dans ma jeunesse des m&#233;dailles de saint Christophe dans beaucoup de voitures et sur le r&#233;troviseur de presque tous les taxis parisiens. Aujourd'hui, le risque des d&#233;placements se limitant aux d&#233;sagr&#233;ments des gr&#232;ves, des manifs et des d&#233;sordres end&#233;miques de la SNCF, la m&#233;daille a disparu des parebrises en m&#234;me temps que disparaissait des lunettes arri&#232;re des voitures, le petit saint-bernard en plastique qui hochait la t&#234;te &#224; chaque cahot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'attendez-vous pour aller l'admirer &#224; Paris en majest&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, la visite de l'&#233;glise Saint-Christophe de Javel (dans le 15&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;) construite en 1926, s'impose. Il faut se souvenir que la plaine de javel avant-guerre (la seconde mondiale) &#233;tait alors le domaine des immenses usines Citro&#235;n et des a&#233;riens hangars de poutrelles des constructeurs de dirigeables. C'est pourquoi, la monumentale peinture murale - &#339;uvre du peintre Henri-Marcel Magne - montre sur la vo&#251;te du ch&#339;ur, saint Christophe entour&#233; des moyens de locomotion modernes, train, avion, automobile, v&#233;lo, dirigeable et m&#234;me le ski :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/christophe/JAVEL St Christophe.jpg?1740416280' width='500' height='333' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ci-dessous, curieusement ins&#233;r&#233;s dans un d&#233;cor de palmes, le ski, la moto et le v&#233;lo, brandis &#224; bout de bras en offrande votive au saint :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/christophe/JAVEL 1 SKI MOTO.png?1740416280' width='500' height='485' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, la locomotive &#224; vapeur tenue elle aussi &#224; bout de bras par le cheminot et &#224; sa droite une &#233;l&#233;gante voyageuse avec ses valises qui prie &#224; genoux le saint protecteur&#8230; Puis l'a&#233;rostier qui tient sa montgolfi&#232;re, et l'aviateur brandissant son monoplan :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/christophe/JAVEL 2 AVION LOCOMOTIVE.jpg?1740416281' width='500' height='421' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#244;t&#233; droit du ch&#339;ur, on voit le paquebot &#224; vapeur, et derri&#232;re la voile du chalutier ; &#224; genoux la famille du p&#234;cheur rev&#233;tu de son cir&#233; et chapeau de noro&#238;t, puis l'ouvrier en bleu de chauffe qui &#233;l&#232;ve, pour recevoir la b&#233;n&#233;diction du saint, une Citro&#235;n B14 Torp&#233;do que la famille bourgeoise &#224; enfant unique - si caract&#233;ristique de l'&#233;poque - vient d'acheter pour partir en vacances &#224; Deauville : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/christophe/JAVEL 3 Paquebot Voiture.jpg?1740416280' width='500' height='406' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vient le peuple des campagnes le saisonnier agricole avec sa pioche, la petite berg&#232;re de moutons et le colporteur avec sa &#171; balle &#187; en bois renfermant ses marchandises semblent en admiration devant ces merveilles techniques, enfin, sur le dernier panneau, la famille paysanne avec son antique et d&#233;sormais d&#233;suet chariot &#224; foin, regarde passer &#224; genoux, comme &#224; la procession, le d&#233;fil&#233; de ces magnifiques moyens de locomotion qui ne semblent pas leur &#234;tre destin&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/christophe/JAVEL 4 Archipel.jpg?1740416280' width='500' height='377' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;diter devant cette vo&#251;te, am&#232;ne inexorablement &#224; y voir transpara&#238;tre deux mondes face &#224; face : &#224; gauche, le monde qui b&#233;n&#233;ficie de la modernit&#233; : les skieurs de Courchevel, l'&#233;l&#233;gante famille bourgeoise prenant possession de sa voiture, la femme en tailleur attendant son &lt;i&gt;Orient-Express&lt;/i&gt;, sa valise Vuitton en cuir pos&#233;e &#224; c&#244;t&#233;... &#192; droite, le menu peuple &#233;bahi regarde en simple spectateur, du fond de sa campagne d&#233;laiss&#233;e par le progr&#232;s d&#233;filer triomphalement la modernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il s'agit d'une &#233;glise et ce n'&#233;tait donc pas du tout l'intention du peintre pour qui tous ces personnages ne sont l&#224; que pour proposer &#224; la b&#233;n&#233;diction du saint leurs moyens de d&#233;placement m&#233;caniques. Mais c'est l'essence m&#234;me des &#339;uvres de ma&#238;tres que d'&#234;tre complexes et de pouvoir &#234;tre lues et comprises &#224; bien des niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#234;te en l'air tourn&#233;e vers la peinture, je n'ai donc pu m'emp&#234;cher de penser qu'en 1926, &lt;i&gt;L'archipel fran&#231;ais&lt;/i&gt; cher &#224; J&#233;r&#244;me Fourquet &#233;tait d&#233;j&#224; en germe : saint Christophe pour lequel on entreprenait de construire cette &#233;glise et de peindre cette vo&#251;te, n'allait pas tarder &#224; &#234;tre abandonn&#233; par ses derniers fervents et allait bient&#244;t entrer dans l'obscurit&#233; des temps pour devenir un petit et marginal sujet pour les &#233;l&#232;ves d'Histoire de l'Art, du moins pour ceux - tr&#232;s rares - qui poss&#232;dent une culture religieuse et historique...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;signature&#034;&gt;Fran&#231;ois-Marie Leg&#339;uil 9 novembre 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Photos parisiennes de Briac Devys&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les confidences d'un balcon avignonnais</title>
		<link>https://flaneurtextuel.fr/spip.php?article119</link>
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		<dc:date>2023-04-24T06:33:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Si vous avez cette charmante habitude de fl&#226;ner dans Avignon le nez en l'air pour mieux vous impr&#233;gner du d&#233;cor - habitude que le minist&#232;re de la Culture devrait rendre obligatoire - vous ne pouvez manquer de remarquer les jolies ferronneries de ces balcons : Prenez votre temps, car ces balcons sont bigrement bavards ! Du moins, avec moi car il faut savoir les prendre&#8230; Sortez vos petites jumelles de th&#233;&#226;tre - que tout fl&#226;neur se doit d'emporter avec lui - et regardons de plus pr&#232;s le balcon (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si vous avez cette charmante habitude de fl&#226;ner dans Avignon le nez en l'air pour mieux vous impr&#233;gner du d&#233;cor - habitude que le minist&#232;re de la Culture devrait rendre obligatoire - vous ne pouvez manquer de remarquer les jolies ferronneries de ces balcons :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L413xH550/maison-8ce69.jpg?1740954618' width='413' height='550' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenez votre temps, car ces balcons sont bigrement bavards ! Du moins, avec moi car il faut savoir les prendre&#8230; Sortez vos petites jumelles de th&#233;&#226;tre - que tout fl&#226;neur se doit d'emporter avec lui - et regardons de plus pr&#232;s le balcon de la &#171; maison aux ballons &#187; 18 rue Saint-&#201;tienne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/montgolfier/balcon.jpg?1740416272' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Bon sang ! Mais c'est bien s&#251;r ! &#187; &lt;/i&gt; comme disait nagu&#232;re le commissaire dans les s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es : Ce sont des montgolfi&#232;res ! Des montgolfi&#232;res &#224; Avignon ? &#201;coutons plut&#244;t le balcon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes au XVIIIe si&#232;cle, rue Saint-&#201;tienne, un quartier bouillonnant, grouillant d'activit&#233; en bordure du port fluvial, avec ses &#233;choppes de menuisiers, de cordiers, de charretiers. En 1780, Avignon comptait 27 imprimeurs dont les livres &#233;taient export&#233;s en contrebande vers le Royaume de France : il suffisait de passer le pont&#8230;notamment des livres protestants interdits en France et &#233;dit&#233;s ici, en terre papale, rev&#234;tus de fausses adresses en Hollande ou &#224; Gen&#232;ve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui dit imprimeur, dit papier, et les papetiers y ouvrent bureaux et succursales. C'est justement le cas de Pierre Montgolfier, papetier &#224; Annonay en Ard&#232;che depuis presque deux si&#232;cles, &#224; la t&#234;te de 11 enfants et de 300 ouvriers. Joseph, le second fils, passionn&#233; de chimie, de physique et de math&#233;matiques en est le directeur technique&#8230; son p&#232;re l'envoie ouvrir un bureau commercial &#224; Avignon. Nous sommes en 1780, Joseph a 42 ans et en profite pour s'inscrire &#224; l'Universit&#233; d'Avignon o&#249; il d&#233;croche ses dipl&#244;mes en th&#233;ologie et en philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;poque de l'Encyclop&#233;die o&#249; chacun se pique de science. Justement, &#224; l'Universit&#233; d'Avignon, Joseph Galien - dominicain et professeur de th&#233;ologie - vient de publier chez Ignace Fez imprimeur Rue de la Bancasse (cette rue o&#249; j'habite...), en 1735 un &#171; &lt;i&gt; M&#233;moire sur la formation de la gr&#234;le &lt;/i&gt; &#187; suivi d'un &#171; &lt;i&gt; Amusement Physique et G&#233;om&#233;trique sur la possibilit&#233; de Naviguer dans l'Air &#224; hauteur de la R&#233;gion de la Gr&#234;le&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tudiant avignonnais Joseph n'a pu manquer de le lire&#8230; Il s&#233;journe &#224; ce moment, pr&#233;cis&#233;ment 18 rue Saint-&#201;tienne &#224; Avignon chez un de ses clients papetier et ami. C'est le soir, devant un verre de Porto, ils discutent du si&#232;ge de Gibraltar que les Anglais occupaient et qu'assi&#233;geaient les Fran&#231;ais et les Espagnols. Joseph s'amusa &#224; dire &#224; ses h&#244;tes : imaginez un navire a&#233;rien qui atterrirait sur le Rocher en d&#233;barquant nos troupes&#8230; tout en parlant, il faisait s&#233;cher sa chemise dans la chemin&#233;e de ses h&#244;tes, quand soudain, gonfl&#233;e d'air chaud, elle s'&#233;chappa de ses mains et se mit &#224; monter dans l'&#226;tre : ce fut pour lui ce que la pomme fut &#224; Newton. Le lendemain, il construisit une grosse bo&#238;te carr&#233;e avec du taffetas et du papier d'un m&#232;tre cube environ, et dans le jardin, la mit au-dessus d'un brasero et devant les assistants enthousiastes, ce premier engin volant rudimentaire s'&#233;leva d'une bonne vingtaine de m&#232;tres. Sur le champ, Joseph le baptisa &#171; a&#233;rostat &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque temps plus tard, il r&#233;it&#233;ra avec un nouvel a&#233;rostat - sph&#233;rique cette fois - dans la cour d'honneur de l'H&#244;tel particulier des Villeneuve-Martignan, l'actuel Mus&#233;e Calvet, puis il fit un nouvel essai &#224; Annonay en d&#233;cembre 1782.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici, en toute confidentialit&#233;, le secret de sa fabrication : &lt;i&gt;&#171; Ils la firent (la montgolfi&#232;re) en plusieurs pi&#232;ces en toile d'emballage rev&#234;tue int&#233;rieurement de trois doublures de papier cousues ensemble. &#192; savoir, un d&#244;me et trois ceintures dont celle du milieu &#233;tait la plus large. Les pi&#232;ces s'attachaient ensemble par mille huit cents boutonni&#232;res. L'extr&#233;mit&#233; inf&#233;rieure &#233;tait termin&#233;e par quatre tringles de bois de huit pieds chacune qui, se joignant par les bouts, formaient une ouverture de soixante-quatre pieds carr&#233;s, plusieurs cordes, partant du haut du d&#244;me et attach&#233;es tout du long, contribuaient &#224; la solidit&#233;... &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier jour pris pour l'essai, les inventeurs furent contrari&#233;s par un grand vent et, peu accoutum&#233;s &#224; la manier, craignant d'ailleurs de la perdre, on ne la laissa s'&#233;lever que de trois ou quatre cents pieds (120 m&#232;tres), ayant toujours la pr&#233;caution de la faire retenir par quatre hommes robustes. Le m&#234;me essai fut r&#233;p&#233;t&#233; ; mais on donna un peu de jeu au globe en laissant couler les cordes. Deux des personnes qui le retenaient, dans l'&#233;tonnement que leur caus&#232;rent les effets de la nature, cess&#232;rent de le retenir : il enleva les autres &#224; deux ou trois pieds (3 m) de terre ; et, comme ils ne se trouvaient pas dispos&#233;s &#224; faire le voyage en l'air, ils l&#226;ch&#232;rent aussi leur corde. Le globe, livr&#233; &#224; lui-m&#234;me, parcourut un espace d'une demi-lieue en longueur et d'environ mille toises (deux mille m&#232;tres) en hauteur perpendiculaire &#187; :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L364xH600/ardeche-db43b.jpeg?1740954618' width='364' height='600' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le 19 septembre 1783, ce fut l'apoth&#233;ose : &#224; Versailles devant Louis XVI et sa Cour, un a&#233;rostat en coton coll&#233; entre deux feuilles de papier, mesurant 18 m de haut sur 13 m de large et pesant 400 kg. Il se nomme &#171; &lt;i&gt;Le R&#233;veillon &lt;/i&gt; &#187;, car son ami Jean-Baptiste R&#233;veillon, directeur de la Manufacture royale de papiers peints l'a enti&#232;rement d&#233;cor&#233; : un fond bleu azur aux chiffres du roi &#8211; deux &#171; L &#187; entrelac&#233;s et dor&#233;s. Salu&#233;e d'un coup de canon, la nacelle avec un mouton, un canard et un coq s'&#233;l&#232;ve de 600 m et parcourt trois kilom&#232;tres&#8230; jusqu'&#224; Vaucresson :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L405xH600/versailles-874ce.jpg?1740954618' width='405' height='600' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi, me dit le balcon, qu'avec mes ferronneries je suis d&#233;sormais le dernier t&#233;moin de cette aventure extraordinaire qui fit de la cit&#233; des Papes le berceau de la conqu&#234;te des airs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme la nuit tombait, le balcon s'endormit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine suivante, mon balcon, &#224; nouveau en pleine forme, me conta les nouvelles exp&#233;riences de Joseph. Quelques mois plus tard, le lendemain de No&#235;l, les fr&#232;res Montgolfier passaient la journ&#233;e &#224; l'Universit&#233; de Montpellier : Joseph y faisait, devant un public savant et amateur de science une conf&#233;rence sur ses exp&#233;riences de navigation a&#233;rienne dans le grand amphith&#233;&#226;tre bond&#233;&#8230; apr&#232;s le d&#233;jeuner, tout ce beau monde savant accompagn&#233; par toute la soci&#233;t&#233; brillante de la ville &#233;tait convoqu&#233; au pied de l'observatoire de Montpellier, situ&#233; sur la terrasse de la seule tour des anciens remparts que l'on avait pr&#233;serv&#233;e de la d&#233;molition pour la consacrer &#224; l'astronomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les t&#234;tes &#233;taient lev&#233;es vers la terrasse, depuis laquelle le physicien montpelli&#233;rain Louis S&#233;bastien Lenormand contemplait cette foule &#233;l&#233;gante et bruyante qui venait le voir ex&#233;cuter une exp&#233;rience aussi scientifique qu'aventureuse, aussi surprenante que dangereuse : il allait se jeter dans le vide, muni d'un engin de son invention qui devait, disait-il, lui permettre de tomber en douceur. &lt;i&gt;&#171; Je fais un cercle de 14 pieds (4 m&#232;tres) de diam&#232;tre avec une grande corde, j'attache tout autour un c&#244;ne de toile dont la hauteur est de six pieds. Je double le c&#244;ne de papier en le collant sur la toile pour le rendre imperm&#233;able &#224; l'air. Ou mieux, au lieu de la toile, j'utilise du taffetas recouvert de gomme &#233;lastique. Je mets tout autour du c&#244;ne des petites cordes qui sont attach&#233;es par le bas &#224; une petite charpente d'osier et forment avec cette charpente un c&#244;ne tronqu&#233; et renvers&#233;. C'est sur cette charpente que je me place. Par ce moyen, j'&#233;vite les baleines et le manche qui feraient un poids consid&#233;rable. Je suis si s&#251;r de risquer si peu, que j'offre d'en faire moi-m&#234;me l'exp&#233;rience, apr&#232;s avoir cependant &#233;prouv&#233; le parachute sur divers poids pour &#234;tre assur&#233; de sa solidit&#233;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/montgolfier/parachute.jpg?1740416272' width='500' height='334' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience fut un succ&#232;s : il appela cet engin - &#171; parachute &#187; - sur le mod&#232;le du mot paratonnerre invent&#233; quelques ann&#233;es plus t&#244;t par l'am&#233;ricain Benjamin Franklin et expliqua que le parachute permettrait d&#233;sormais aux personnes surprises dans l'incendie de leur maison de ne pas h&#233;siter &#224; se jeter dans le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenus &#224; Avignon, les deux fr&#232;res Montgolfi&#232;re voulurent refaire l'exp&#233;rience, car ils pensaient &#224; juste titre qu'au-del&#224; l'utilit&#233; pour se sauver d'un incendie, l'avenir du parachute se trouvait plut&#244;t li&#233; aux futurs voyages a&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Anglade nous raconte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans les jours qui suivirent, il agen&#231;a avec M. de Brantes non point un parasol &#224; baleines, mais une demi-montgolfi&#232;re, c'est-&#224;-dire un h&#233;misph&#232;re en toile de soie florentine de huit pieds de diam&#232;tre, auquel &#233;tait retenu par douze cordes un fort panier d'osier. Leur pens&#233;e &#233;tait d'y installer un mouton et de jeter le tout d'une certaine altitude. Ils choisirent la tour Campane du palais des Papes, haute d'environ cent vingt pieds sur la place, apr&#232;s en avoir demand&#233; l'usage au vice-l&#233;gat. Les voici donc se hissant tous deux jusqu'au sommet par le large escalier de bois, le marquis portant la toile et le panier, Joseph coltinant sur ses &#233;paules, comme saint Jean-Baptiste, le mouton qui b&#234;lait de d&#233;tresse. Ils arrivent sur la terrasse, re&#231;oivent en plein visage le maestral (le Mistral) qui est la respiration du comtat, go&#251;tent un moment la splendeur du paysage : la ville aux toits rouges, ses rues, ses &#233;glises, ses remparts ; les deux bras du Rh&#244;ne charg&#233;s de barques ; l'&#238;le Barthelasse tout en vignoble ; le pont Saint-B&#233;nezet depuis longtemps rompu, de sorte qu'on traverse le fleuve en amont, sur un bac &#224; traille, c&#226;ble de chanvre goudronn&#233; retenu par deux bigues plant&#233;es dans le roc ; et, plus loin, le rocher des Doms, Villeneuve et sa chartreuse, la plaine vein&#233;e de canaux, riante de cultures, d&#233;coup&#233;e par des paravents de cypr&#232;s. Le bruit de leur exp&#233;rience s'est r&#233;pandu : des centaines de badauds occupent la place, le nez en l'air. On installe le mouton dans son panier, avec une poign&#233;e de foin pour la patience. Joseph fait une pelote avec l'h&#233;misph&#232;re de soie et ses cordes, place le tout sur le parapet et le jette devant lui, aussi loin qu'il peut, afin de le tenir &#224; distance des murs. Pendant quelques secondes et environ la moiti&#233; de la hauteur, le paquet tombe comme une pierre. Mais l'air, s'&#233;tant faufil&#233; sous la calotte avec l'aide du maestral (Mistral), finit par l'ouvrir brusquement et enti&#232;rement. Si bien que la seconde moiti&#233; de la descente s'accomplit en douceur, au milieu des acclamations de la foule. Apr&#232;s s'&#234;tre balanc&#233; un moment entre ciel et terre, l'&#233;trange &#233;quipage finit par toucher le sol.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussit&#244;t, le mouton s'en d&#233;gage et prend la fuite. Mais les Avignonnais le capturent, le caressent, le congratulent, le remettent &#224; Joseph redescendu par l'escalier. Il le recharge sur ses &#233;paules, remonte au sommet de la tour Campane. Cinq autres fois, le mouton est pr&#233;cipit&#233; dans l'espace de la m&#234;me fa&#231;on. D'une fen&#234;tre du palais, le vice-l&#233;gat, monsignore Casoni, en calotte rouge, assiste aux six exp&#233;riences et les applaudit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis qu'ils soupaient ensemble, l'&#233;cuyer et le marquis &#233;voqu&#232;rent l'avenir du parachute : &#171; Je vois &#224; cet objet, dit Joseph, une grande utilit&#233; : en cas de d&#233;tresse de sa machine, l'a&#233;ronaute pourrait en sauter et toucher le sol sans dommage.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'en vois une autre, dit Brantes : de m&#234;me que nous avons fait tomber sur Avignon une pluie de moutons, on pourrait faire pleuvoir sur une ville ennemie une arm&#233;e transport&#233;e par montgolfi&#232;re.. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me son premier essai, en pensant au si&#232;ge de Gibraltar, Joseph avait pr&#233;vu l'utilisation militaire de sa Montgolfi&#232;re. Pourtant, &#224; part son utilisation comme poste d'observation lors de la bataille de Jemappes en 1792, et pour le transport du courrier lors du si&#232;ge de Paris en 1870, il faudra attendre la guerre de 14 pour lui donner raison. Quant &#224; la r&#233;flexion de Brantes sur le parachute, il faudra attendre la guerre de 40 pour qu'elle se v&#233;rifie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; mes amis comment la navigation a&#233;rienne fut invent&#233;e rue Saint-&#201;tienne &#224; Avignon et comment le Palais des Papes vit les premiers sauts de mouton en parachute...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;signature&#034;&gt;Fran&#231;ois-Marie Leg&#339;uil 24 avril 2023&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Qui donnera une s&#233;pulture d&#233;cente &#224; la pauvre Maurille ?</title>
		<link>https://flaneurtextuel.fr/spip.php?article118</link>
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&lt;p&gt;C'est une opinion bien &#233;tablie que le mois de novembre est propice aux visites de cimeti&#232;res, il y a m&#234;me une journ&#233;e d&#233;di&#233;e &#224; cette coutume. C'est pourquoi je d&#233;cidais de profiter de la messe des d&#233;funts du 2 d&#233;cembre dernier au caveau des Pr&#234;tres d'Avignon (voir note 1) pour faire, &#224; la sortie, un nouveau tour tr&#232;s complet du cimeti&#232;re Saint-V&#233;ran. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je terminai par la tombe de Mlle de Sombreuil, car elle est pr&#232;s de la sortie. Et l&#224;, je constatai que l'Histoire - la grande, celle qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une opinion bien &#233;tablie que le mois de novembre est propice aux visites de cimeti&#232;res, il y a m&#234;me une journ&#233;e d&#233;di&#233;e &#224; cette coutume. C'est pourquoi je d&#233;cidais de profiter de la messe des d&#233;funts du 2 d&#233;cembre dernier au caveau des Pr&#234;tres d'Avignon (voir note 1) pour faire, &#224; la sortie, un nouveau tour tr&#232;s complet du cimeti&#232;re Saint-V&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je terminai par la tombe de Mlle de Sombreuil, car elle est pr&#232;s de la sortie. Et l&#224;, je constatai que l'Histoire - la grande, celle qui s'&#233;crit avec H majuscule - est souvent oublieuse, &#224; moins que ce ne soient les Avignonnais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par le commencement. En septembre 1792, la R&#233;volution prend son virage sanglant. Le marquis de Sombreuil, Gouverneur des Invalides de Paris, est arr&#234;t&#233; avec sa fille &#224; cause de sa fonction si en vue. Incarc&#233;r&#233; &#224; la prison militaire de l'Abbaye, il est condamn&#233; &#224; mort lors des fameux Massacres de septembre en pr&#233;sence de sa fille qui implore le tribunal de le gracier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img class='centrer' alt=&#034;Mlle de Slombreuil&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/sombreuil/Sombreuil portrait.jpg?1740416253' width='500' height='446' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une tr&#232;s jolie jeune fille... un d&#233;nomm&#233; Vollant, dit &#171; Tape-Dur, est en train de boire un coup de rouge &#233;pic&#233; de poudre &#224; canon suivant l'usage des &#233;meutiers d'alors. &#201;moustill&#233; par sa beaut&#233;, il lui tend en riant son verre qu'il compl&#232;te en le plongeant dans le seau du sang &#171; &lt;i&gt;bleu &lt;/i&gt; &#187; du colonel de Saint-Mart que l'on vient juste de d&#233;capiter : &lt;i&gt;&#171; il le retire rouge, fumant, d&#233;bordant, l'&#233;l&#232;ve en l'air comme un horrible toast et s'&#233;crie : Eh bien, citoyenne, bois ce verre de sang &#224; la sant&#233; de la Nation et nous sauverons ton p&#232;re ! Fr&#233;missante, elle le prend, crie Vive la Nation et l'avale d'un trait. &#187; Le ch&#339;ur des massacreurs reprend avec elle &#171; Vive la Nation &#187; &lt;/i&gt; et son p&#232;re, graci&#233; sur le champ par la foule qui l'acclame, regagne son cachot&#8230; Pour deux ans ! il sera guillotin&#233; le 17 juin 1794 avec l'un de ses fils, tandis que son dernier fils sera fusill&#233; lors du d&#233;barquement &#233;migr&#233; de Quiberon en juin 1795. Victor Hugo, jamais &#224; court d'hyperboles, &#233;crira &#224; propos de ce verre : &lt;i&gt;&#171; Le sang des morts coule dans son sein virginal&#8230; &#187;&lt;/i&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Le verre de sang&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/sombreuil/verre.jpg?1740416253' width='500' height='357' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La R&#233;volution touche &#224; sa fin et Jeanne Jacques (sic) Marie Anne Fran&#231;oise de Virot de Sombreuil &#233;pouse le comte de Villelume en 1796. Quelques ann&#233;es plus tard, Napol&#233;on - grand pourvoyeur d'&#233;clop&#233;s - cr&#233;e &#224; Avignon une importante succursale des Invalides de Paris, qui couvrait une grande partie de la partie sud de la ville, s'&#233;tendant du S&#233;minaire Saint-Charles, au clo&#238;tre des C&#233;lestins en passant par le clo&#238;tre Saint-Louis. Le comte de Villelune en deviendra gouverneur et y r&#233;sidera avec sa femme que l'on appelle d&#233;sormais la &#171; &lt;i&gt; comtesse Marie-Maurille. &lt;/i&gt; &#187; Elle saura se faire aimer de ses pensionnaires militaires que l'on qualifierait aujourd'hui de &#171; handicap&#233;s moteurs. &#187; Victor Hugo - encore lui - &#233;crira &#224; ce sujet : &lt;i&gt;&#171; La charit&#233; de Madame de Villelume fut peut-&#234;tre aussi admirable que l'h&#233;ro&#239;sme de Mlle de Sombreuil. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fut inhum&#233;e &#224; Avignon au cimeti&#232;re Saint-Roch, puis d&#233;plac&#233;e &#224; Saint-V&#233;ran lors du transfert des cimeti&#232;res. Son c&#339;ur, plac&#233; dans un &#171; carditaphe &#187; (&#224; vos dicos, les amis&#8230;) du couvent des C&#233;lestins, fut transf&#233;r&#233; &#224; Paris dans la crypte des Invalides, lors de la fermeture de la succursale d'Avignon en 1850. Sur le carditaphe, son pr&#233;nom d'usage &#171; &lt;i&gt;Maurille&lt;/i&gt; &#187; est curieusement orthographi&#233; au masculin &#171; &lt;i&gt;Maurisse&lt;/i&gt; &#187; (avec deux s !)&#8230; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;carditaphe&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L334xH550/carditaphe-ba32a.jpg?1740847987' width='334' height='550' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Avignon, de cette succursale des Invalides d'Avignon, t&#233;moignent encore deux tombes : celle du g&#233;n&#233;ral Fugi&#232;re, cr&#233;ateur de la Succursale des invalides, magnifiquement entretenue par le &#171; &lt;i&gt;Souvenir Fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;G&#233;n&#233;ral Fugi&#232;re&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/sombreuil/fugiere.jpg?1740416253' width='500' height='363' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
et la tombe de Mademoiselle de Sombreuil qui porte ce nom de jeune fille, t&#233;moignage de sa c&#233;l&#233;brit&#233; qui dura un si&#232;cle. Avec cette inscription r&#233;dig&#233;e par les soldats invalides : &#171; &lt;i&gt; Ici repose dans la paix du Seigneur, illustre dame I.I.M.M.A.E. (initiales de ses pr&#233;noms ?) comtesse de Villelume n&#233;e de Sombreuil victime de l'amour filial elle n'a surv&#233;cu que pour consoler les malheureux. La plaie de son c&#339;ur ne pouvait &#234;tre cicatris&#233;e que par la mort. Sa r&#233;compense &#233;tait dans le Ciel. D&#233;c&#233;d&#233;e le XV mai MDCCCXXIII. R.I.P.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ma premi&#232;re visite, il y a douze ans, la plaque &#171; &lt;i&gt;Sombreuil &lt;/i&gt; &#187; s'est d&#233;tach&#233;e&#8230; sa pierre tombale s'est fendue et un morceau a disparu&#8230; Elle &#233;tait encore fleurie au d&#233;but du XXe si&#232;cle&#8230; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Plaque tombale&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L413xH550/tombe-dccf3.jpg?1740847987' width='413' height='550' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En l'an 330, le d&#233;licat po&#232;te romain Ausone, visitant la tombe d'un ami &#224; Bordeaux, faisait cette m&#233;lancolique constatation, qui s'applique parfaitement &#224; la d&#233;gradation progressive de l'&#233;pitaphe de Maurille :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; &#8230; Les lettres arrach&#233;es gisent,&lt;br class='autobr' /&gt;
Leurs lignes sont mutil&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dans la confusion des caract&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
Leur sens a disparu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas &#233;tonnant que les hommes meurent&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Leurs monuments s'effritent :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tr&#233;pas est in&#233;luctable &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me pour les pierres et les noms. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une petite rue d'Avignon garde son souvenir : Rue Maurille de Sombreuil&#8230; encadr&#233;e par les rues Jacques Stuart, Roi Soleil, Madame de S&#233;vign&#233;, Richelieu et Mazarin (les deux sans la mention &#171; Cardinal &#187;, la&#239;cit&#233; oblige&#8230;) du beau monde quand m&#234;me pour cette pauvre Maurille.&lt;/p&gt;
&lt;h4 style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:11px;&#034;&gt;Fran&#231;ois-Marie Leg&#339;uil&lt;br/&gt;Le 4 janvier 2023&lt;/span&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Note 1 :&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lire ce pr&#233;c&#233;dent article qui figure sur un autre de mes sites :&lt;a href=&#034;http://avignonmesamours.fr/spip.php?article86&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;Cliquez ici...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mais qui donc a laiss&#233; son c&#339;ur &#224; Avignon ?</title>
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		<description>
&lt;p&gt;&#8203;Depuis Ulysse, les voyageurs avaient pris l'habitude de laisser leur c&#339;ur dans leur patrie : les voyages &#233;taient longs, p&#233;rilleux ; on partait&#8230; &#233;tait-on s&#251;r de revenir ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Au XIIIe si&#232;cle, les princes suivirent l'exemple de Blanche de Castille, de r&#233;partir leur corps entre plusieurs s&#233;pultures pour satisfaire tous les demandeurs et notamment, ils prirent l'habitude de confier leur c&#339;ur &#224; des &#233;glises ou des couvents. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;glise marqua sa r&#233;ticence, entendant r&#233;server cet usage aux reliques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8203;Depuis Ulysse, les voyageurs avaient pris l'habitude de laisser leur c&#339;ur dans leur patrie : les voyages &#233;taient longs, p&#233;rilleux ; on partait&#8230; &#233;tait-on s&#251;r de revenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIIIe si&#232;cle, les princes suivirent l'exemple de Blanche de Castille, de r&#233;partir leur corps entre plusieurs s&#233;pultures pour satisfaire tous les demandeurs et notamment, ils prirent l'habitude de confier leur c&#339;ur &#224; des &#233;glises ou des couvents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise marqua sa r&#233;ticence, entendant r&#233;server cet usage aux reliques des seuls saints comme c'&#233;tait la coutume depuis les origines. Mais les princes sont puissants et n'en font qu'&#224; leur t&#234;te&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que j'ai vu - en son temps, &#224; Rennes, le c&#339;ur d'Anne de Bretagne, honteusement vol&#233; en 2019. Je suis aller voir celui qu'Henri IV avait l&#233;gu&#233; aux J&#233;suites du Prytan&#233;e militaire de La Fl&#232;che et sur lequel veillent toujours les futurs saint-cyriens :&lt;img class='centrer' alt=&#034;roi henri&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L450xH600/henri_4-ea2fa.jpg?1741310219' width='450' height='600' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On m'a dit que celui de saint Charles de Foucault -fra&#238;chement canonis&#233;- avait &#233;t&#233; &#224; l'&#233;poque, discr&#232;tement emmur&#233; dans les murs de son ermitage saharien de l'Assekrem. Il me reste &#224; aller le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, figurez-vous que l'autre jour, je visitais une fois encore le Palais du Roure &#224; Avignon. Je passai le porche surmont&#233; d'un magnifique Arbre de Vie (du moins, c'est le sens que j'y vois) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Porche&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L342xH550/porte-775ad.jpg?1741310219' width='342' height='550' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un coup d'&#339;il dans la cour, je montai quatre &#224; quatre comme toujours, le monumental grand escalier et, n&#233;gligeant pour une fois de rendre visite &#224; la patache gar&#233;e dans le vaste grenier et que Mistral et ses F&#233;libres empruntaient pour aller &#224; Ch&#226;teauneuf-de-Gadagne, je m'arr&#234;tai longuement devant la porte de la chambre de Louis Le Cardonnel, presque une cellule monacale. Ce po&#232;te, n&#233; sous le Second Empire, ami intime de Verlaine avec qui il fr&#233;quenta le cabaret du Chat Noir &#224; Montmartre, abandonna la Boh&#232;me pour entrer dans les ordres &#224; 34 ans chez les Franciscains o&#249; il prit le nom de Fr&#232;re Anselme. D&#232;s lors, sa po&#233;sie, tr&#232;s classique, fr&#244;lant parfois l'acad&#233;misme, se fixa sur des sujets religieux et fut reconnue &#224; l'&#233;poque par le public et m&#234;me distingu&#233;e par de nombreux prix &#8230; De mon temps, en classe de seconde, chez les Spiritains de la Martinique, on mentionnait encore quelques-uns de ses vers en classe de litt&#233;rature. Eh oui, dans les ann&#233;es cinquante, on apprenait encore &#034;par c&#339;ur&#034; ! Les ministre woke de l'&#233;ducation nationale n'avaient pas encore s&#233;vi... Gr&#226;ce &#224; cette &#233;ducation pr&#233;historique, une strophe m'est revenue en m&#233;moire :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;poesie&#034;&gt;
Malgr&#233; les jours enfuis, je suis chanteur encore,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je vous redirai le chant des jours anciens ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous ram&#232;nerai vers la sauvage Aurore&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la na&#239;vet&#233; des temps d'o&#249; je reviens,&lt;br class='autobr' /&gt;
Hommes vieillis, qu'un ennui sans tr&#234;ve d&#233;vore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas du Verlaine, mais Lamartine avait encore des &#233;mules... Jeanne de Flandreysy rach&#232;te le Palais en 1918, en fait un haut lieu des Arts et du mouvement F&#233;libre. Elle y accueillait des artistes et donna l'hospitalit&#233; &#224; Louis Le Cardonnel de 1929 &#224; sa mort en 1936 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;aenveloppe&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/cardonnel/enveloppe.jpg?1740416290' width='500' height='395' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Redescendant par l'escalier &#224; vis m&#233;di&#233;val, sur l'un des paliers &#233;troits et un peu &#171; casse-gueule &#187; -pardonnez-moi, Louis- je lis grav&#233; sur une petite cloche, ramen&#233;e, para&#238;t-il, de la Chartreuse de la Valbonne et que je n'avais jamais remarqu&#233;e, ce vers de Louis Le Cardonnel :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;poesie&#034;&gt;&#171; Claire, au nom argentin, Claire au doux nom d'aurore &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;cloche&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/cloche-4b73a.jpg?1741310219' width='500' height='667' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortant dans la cour, je remarque une petite salle dont je ne me souvenais plus : la chapelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;, dans deux niches de part et d'autre de la porte d'entr&#233;e, des urnes, genre pots &#224; pharmacie des Apothicaireries du XVIIe si&#232;cle&#8230; Celle de gauche contient le c&#339;ur de Folco de Baroncelli, dernier membre de cette famille arriv&#233;e avec les Papes, &#224; vivre dans ce Palais, &#171; inventeur &#187; de la Camargue, protecteur des gitans, amis des F&#233;libres, connu du grand public pour avoir invit&#233; pendant pr&#232;s d'une ann&#233;e des indiens chez lui en Camargue, apr&#232;s sa rencontre avec Buffalo Bill en 1905 &#224; N&#238;mes lors de la tourn&#233;e europ&#233;enne de l'Am&#233;ricain. &#192; cette occasion, il se noua d'amiti&#233; avec le chef Sioux &#034;&lt;i&gt;Jacob White Eyes&lt;/i&gt;&#034; qui lui offrit ce costume de grand chef :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Porche&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L337xH550/costume-e45d7.jpg?1741310219' width='337' height='550' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Baroncelli fut tellement &#233;mu par cette rencontre, qu'il fit tourner plusieurs westerns en Camargue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cessons de batifoler sur des chemins de traverse et revenons &#224; notre po&#232;te ! &#192; droite de la porte d'entr&#233;e de la chapelle, une niche jumelle de celle de Baroncelli, renferme l'urne du c&#339;ur de Louis le Cardonnel :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Porche&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L413xH550/urne-efe2d.jpg?1741310219' width='413' height='550' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
...dont l'&#233;pitaphe en latin proclame - du moins dans ma traduction mod&#233;r&#233;ment fiable :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;poesie&#034;&gt;&#171; Dans cette urne repose le c&#339;ur visionnaire de Louis Le Cardonnel,&lt;br/&gt;
&#201;ternellement br&#251;lant d'ardeur po&#233;tique et de feu divin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui n'a pas visit&#233; le Palais du Roure, doit y courir toutes affaires cessantes, ne serait-ce que pour se recueillir devant le c&#339;ur du po&#232;te Louis Le Cardonnel. Et passant sous le porche &#224; l'Arbre de Vie, vous vous souviendrez de ces quelques vers de Louis :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;poesie&#034;&gt;N'a-t-on pas mur&#233; ta porte,&lt;br class='autobr' /&gt;
Ch&#226;teau des vieilles amours,&lt;br class='autobr' /&gt;
Perdu sous les flocons lourds ?&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;signature&#034;&gt;Fran&#231;ois-Marie Leg&#339;uil&lt;br/&gt;le 1er novembre 2022&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Pour les enthousiastes qui voudraient feuilleter la biographie de Louis Le Cardonnel, pr&#233;fac&#233;e par Bernanos en 1938 : &lt;a href=&#034;https://biblisem.net/etudes/chriloui.htm &#034; target=&#034; blank&#034;&gt;cliquez sur ce lien.&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Philibert Delorme ? C'est tout au fond du Saosnois !</title>
		<link>https://flaneurtextuel.fr/spip.php?article116</link>
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		<dc:date>2022-10-14T06:29:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Si tous les chemins m&#232;nent &#224; Rome, tous ne m&#232;nent pas directement - loin de l&#224; - au manoir de Verdign&#233; &#224; Avesnes en Saosnois (Pour l'Avignonnais que je suis, est-ce dans le Perche ?) Notre caravane de voitures des Amis du Mus&#233;e Alain de Mortagne-au-Perche s'&#233;tire dans la campagne sur de minuscules routes que seul le bitume permet de distinguer d'un chemin agricole. Tous les cent m&#232;tres, un &#233;troit carrefour tagu&#233; d'un haut calvaire&#8230; on s'y arr&#234;te, on h&#233;site, on fait demi-tour&#8230; on encombre&#8230; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si tous les chemins m&#232;nent &#224; Rome, tous ne m&#232;nent pas directement - loin de l&#224; - au manoir de Verdign&#233; &#224; Avesnes en Saosnois (Pour l'Avignonnais que je suis, est-ce dans le Perche ?) Notre caravane de voitures des Amis du Mus&#233;e Alain de Mortagne-au-Perche s'&#233;tire dans la campagne sur de minuscules routes que seul le bitume permet de distinguer d'un chemin agricole. Tous les cent m&#232;tres, un &#233;troit carrefour tagu&#233; d'un haut calvaire&#8230; on s'y arr&#234;te, on h&#233;site, on fait demi-tour&#8230; on encombre&#8230; nouveau carrefour, nouvelle marche arri&#232;re, nouveau d&#233;part&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mare &#224; grenouilles, verte de cresson dans un bosquet de ch&#226;taigners ? Non, ce sont les larges douves annonciatrices du manoir. Il est l&#224; ! C'est un vieux monsieur bancroche bless&#233; par le temps, venu du fond des &#226;ges, du XVIe si&#232;cle pr&#233;cis&#233;ment nous dit dans la cour le propri&#233;taire, Monsieur Gagnot qui pr&#233;cise : &#171; selon des mod&#232;les de Philibert Delorme que vous rencontrerez partout pendant votre visite &#187;. Le manoir a perdu sa sym&#233;trie classique : un seul pavillon flanquant sa fa&#231;ade subsiste, une des deux ailes est r&#233;duite de moiti&#233;, le mur de cl&#244;ture de sa cour a disparu ainsi que sa courtine d'entr&#233;e et son pont-levis. Mais en bon gentilhomme de bonne lign&#233;e, il garde toute sa prestance et toute l'&#233;l&#233;gance de son &#233;poque et c'est &#224; son propri&#233;taire qu'il le doit :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Manoir de Verdign&#233;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/verdigne/manoir.jpg?1740416262' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut la demeure d'un chef calviniste qui mit &#224; sac et br&#251;la Le Mans et sa cath&#233;drale au temps des guerres de religion. Le manoir en conserve une certaine raideur militaire : les douves tr&#232;s larges, les deux massives tours carr&#233;es encadrant la cour, et partout des meurtri&#232;res perc&#233;es d'&#339;illetons &#224; mousquets. Malgr&#233; cette rigueur un peu jans&#233;niste avant l'heure, l'ensemble garde une grande douceur : il a d&#251; y faire bon vivre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette douceur, cette touche un peu f&#233;minine doit beaucoup au pavillon qui flanque la fa&#231;ade gr&#226;ce &#224; sa toiture &#171; &#224; l'imp&#233;riale &#187; nous dit Philippe Gagnot en &#233;voquant le &#171; &lt;i&gt;Trait&#233; sur la mani&#232;re de b&#226;tir &#224; petits frais &lt;/i&gt; &#187; de Philibert Delorme de 1561. Et je grimpe dans les combles de la tour pour voir de pr&#232;s cette &#171; &lt;i&gt; charpente &#224; petits bois&lt;/i&gt; &#187; pr&#244;n&#233;e par Philibert. Oui, je suis si enthousiaste que je me permets cette familiarit&#233;. Il faut dire que c'est impressionnant. Cela me rappelle le jeu de Mikado o&#249; un tas consid&#233;rable de baguettes tient dans un &#233;quilibre qui semble d&#251; &#224; la magie et que l'on craint de rompre en en d&#233;pla&#231;ant une seule. C'est un spectacle en soi. Et les d&#233;tails des longues chevilles pointues de ch&#226;taigniers, des mortaises et des entrecroisements conduit &#224; s'interroger : faut-il &#234;tre g&#233;om&#232;tre, ing&#233;nieur ou bricoleur pour arriver &#224; cet assemblage si complexe si fragile d'aspect et pourtant si solide qu'il est capable de traverser les si&#232;cles ? Il para&#238;t que cela s'appelle tout bonnement un charpentier : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Manoir de Verdign&#233;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/verdigne/poutres.jpg?1740416262' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et notre h&#244;te nous engage &#224; aller voir la galerie. Et l&#224; encore, un panneau de photos nous montre le chemin accompli : il y a seulement deux ans, c'&#233;tait &#224; ciel ouvert. Aujourd'hui, une charpente en berceau, de celle que l'on appelait &#224; Avignon - ma ville - du temps de la construction du Palais des Papes, un tinnel, c'est-&#224;-dire un tonneau&#8230; ce berceau, beige clair ch&#226;taignier, cercl&#233; de lattes souples &#224; intervalles r&#233;guliers, para&#238;t beaucoup trop bas pour faire de ce lieu &#233;nigmatique la salle de jeu de paume que certains y voient. De m&#234;me, les fen&#234;tres tr&#232;s petites et trop peu nombreuses ne donnant qu'une lumi&#232;re parcimonieuse en cette saison pour permettre la lecture &#171; en marchant &#187; que d'autres y supposent. D'autant que l'absence de chemin&#233;e devait faire de cet endroit superbe une glaci&#232;re en hiver. Mais justement, il me para&#238;t bon que certains lieux gardent leur myst&#232;re : cinq si&#232;cles nous s&#233;parent de ses promoteurs, nos habitudes, nos genres de vie sont si diff&#233;rents&#8230; pour jouer, la magie d'un lieu doit consentir sa part au myst&#232;re :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Manoir de Verdign&#233;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/verdigne/galerie.jpg?1740416262' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je redescends dans la salle de s&#233;jour pour contempler la grande chemin&#233;e que j'avais n&#233;glig&#233;e pour la toiture&#8230; vraiment tr&#232;s grande pour la pi&#232;ce : c'en est le point focal. Philippe Gagnot a dispos&#233; un panneau qui montre une des chemin&#233;es du ch&#226;teau d'Anet, chef-d'&#339;uvre de Ph. Delorme. Celle-ci en para&#238;t la copie conforme, surtout pour la frise du manteau, telle que dessin&#233;e au Chapitre II du Trait&#233; ci-dessus et intitul&#233; : &#171; &lt;i&gt;De certaines chemin&#233;es, tant pour leurs manteaux, corniches, frise, et architrave, que pour leurs pieds droicts &lt;/i&gt; &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img class='centrer' alt=&#034;Manoir de Verdign&#233;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/verdigne/cheminee.jpg?1740416262' width='500' height='375' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en prime, conform&#233;ment &#224; ce go&#251;t de l'&#233;poque si bien illustr&#233; par le sieur Montaigne dans sa librairie ou encore par le plafond du Plessis Bourr&#233;, une inscription philosophique court sur le sommet du manteau ; en respectant l'orthographe : &lt;i&gt;&#171; Au ce grand tort les hommes ont en haine la mort qui est guarison souveraine &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici en deux photos cette sentence trop large pour &#234;tre lisible en une seule fois :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img class='centrer' alt=&#034;Manoir de Verdign&#233;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/verdigne/sentence1.jpg?1740416262' width='500' height='111' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Manoir de Verdign&#233;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/verdigne/sentence2.jpg?1740416262' width='500' height='136' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On respire tout le parfum du Livre de la Sagesse, des Psaumes et des sto&#239;ciens&#8230; Quelle distance avec notre si&#232;cle&#8230; Il est vrai que le saccageur du Mans s'y connaissait en fins derni&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, un dernier coup d'&#339;il au pavillon au toit &#224; &#171; l'imp&#233;riale &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Manoir de Verdign&#233;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/verdigne/imperiale.jpg?1740416262' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle &#233;l&#233;gance, quelle beaut&#233; : sans lui, le manoir ne serait pas ce qu'il est. Et nous partons en &#233;voquant le culot et l'esprit d'aventure de Philippe Gagnot. Il faut &#234;tre un v&#233;ritable jeune homme un peu fou pour se risquer &#224; l'insens&#233;e et si dispendieuse aventure d'un toit &#224; l'imp&#233;riale, sans parler du reste. Merci &#224; vous Monsieur pour votre intr&#233;pide entreprise, si g&#233;n&#233;reuse pour les g&#233;n&#233;rations futures qui, gr&#226;ce &#224; vous, pourront admirer ce vieux gentilhomme convalescent de la Renaissance qu'est le manoir de Verdign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;signature&#034; style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois-Marie Leg&#339;uil, le 14 octobre 2022&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/h4&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pernes-les-Fontaines : la Bande Dessin&#233;e de Charles d'Anjou</title>
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		<dc:date>2022-09-05T06:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Se promener dans les rues de Pernes, c'est arpenter les pav&#233;s de la vieille France, celle de nos a&#239;eux&#8230; c'est &#233;couter le ruissellement de l'eau de toutes ces fontaines qui vont la chercher dans ces Sorgues dont la fra&#238;cheur et la clart&#233; ravissaient d&#233;j&#224; P&#233;trarque... Au carrefour de la rue Victor Hugo, vous n'avez pu r&#233;sister - comme moi - &#224; plonger la main pour vous rafra&#238;chir dans cette si belle fontaine et son charmant lavoir : Et alors, comme moi, vous n'avez pas d&#251; manquer de lever la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Se promener dans les rues de Pernes, c'est arpenter les pav&#233;s de la vieille France, celle de nos a&#239;eux&#8230; c'est &#233;couter le ruissellement de l'eau de toutes ces fontaines qui vont la chercher dans ces Sorgues dont la fra&#238;cheur et la clart&#233; ravissaient d&#233;j&#224; P&#233;trarque... Au carrefour de la rue Victor Hugo, vous n'avez pu r&#233;sister - comme moi - &#224; plonger la main pour vous rafra&#238;chir dans cette si belle fontaine et son charmant lavoir :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;fontaine&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/fontaine.jpg?1740416289' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et alors, comme moi, vous n'avez pas d&#251; manquer de lever la t&#234;te vers cette muraille s&#233;v&#232;re qui s'&#233;l&#232;ve verticalement et semble se perdre dans les nuages&#8230; ici, vous &#234;tes devant la tour Ferrande, au temps de saint Louis :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Tour Ferrande&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/tour.jpg?1740416288' width='500' height='282' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tour vous regarde du haut de ses huit si&#232;cles&#8230; Entrez, elle va vous raconter l'&#233;pop&#233;e de la conqu&#234;te de la Sicile par Charles 1er, duc d'Anjou, Comte de Provence et fr&#232;re de saint Louis&#8230; et vous verrez, c'est une v&#233;ritable Bande dessin&#233;e qui vous attend. Tout y est, un sc&#233;nario &#233;pique, un dessin pr&#233;cis, des couleurs flamboyantes et m&#234;me les bulles de texte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant vous pr&#233;venir : du dehors, la tour est massive, imposante. &#192; l'int&#233;rieur, on est surpris : c'est exigu&#235; : l'&#233;paisseur &#233;norme des murs mange tout, n'oublions pas que c'est un ouvrage militaire !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un escalier tr&#232;s &#233;troit m&#232;ne aux &#233;tages et sur le premier palier, saint Christophe nous attend. C'est le passeur, un bon g&#233;ant, celui qui vous fait traverser les rivi&#232;res car il en conna&#238;t les dangers, le b&#226;ton &#224; la main pour assurer sa marche, les pieds dans l'eau, portant l'enfant J&#233;sus sur ses &#233;paules :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;saint Christophe&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L338xH600/Christophe-cb829.jpg?1741310348' width='338' height='600' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que passeur, c'est le patron des voyageurs, celui qu'on invoque en partant au loin, qui vous prot&#232;gera des p&#233;rils ou au moins, vous assurera une bonne mort &#224; l'issue du p&#233;rilleux voyage qu'est la vie, cette &#171; bonne mort &#187; qui vous ouvrira le Paradis. Que pourrait-on lui demander de mieux ? S'il est l&#224; en haut de l'escalier, c'est qu'il vous annonce un voyage lointain, hasardeux : la conqu&#234;te de Naples et de la Sicile par Charles 1er duc d'Anjou sur les Hohenstaufen du Saint Empire romain germanique adversaires du Pape. Nous sommes en 1265, le Pape Cl&#233;ment IV investit le duc d'Anjou de son exp&#233;dition ; &#224; gauche Charles &#224; genoux, la couronne sur la t&#234;te, au centre sa Saintet&#233; Cl&#233;ment IV coiff&#233; de la tiare lui tend la &#171; bulle &#187; d'investiture devant l'assembl&#233;e de ses cardinaux &#224; droite : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;saint Christophe&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/investiture.jpg?1740416288' width='500' height='282' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e angevine, sur ses puissants destriers, quitte son camp de tentes multicolores :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;camp de tentes&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/tentes.jpg?1740416288' width='500' height='296' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux lignes de chevaliers en armure, lances baiss&#233;es se chargent au galop :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;cavaliers&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/bataille.jpg?1740416289' width='500' height='282' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des duels singuliers s'engagent, un chevalier contre un maure, &#224; gauche, teint basan&#233; et turban flottant au vent, qui ressemble &#224; s'y m&#233;prendre au Maure figurant sur le blason de la Corse :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class= &#034;centrer&#034; alt=&#034;maure&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/Maure.jpg' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dans un second duel singulier, la bataille se gagne lorsque le chevalier des Baux brise sa lance dans la t&#234;te de son adversaire le prince Manfred :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Manfred&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/Manfred.jpg?1740416288' width='500' height='282' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouveau roi, Charles d'Anjou distribue les fiefs ennemis &#224; ses vassaux :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;distribution des fiefs&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/fiefs.jpg?1740416288' width='500' height='282' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il reste &#224; magnifier sa victoire sur le champ de bataille : la nuit est tomb&#233;e, un chevalier au galop brandissant une torche, traine Manfred dans la poussi&#232;re attach&#233; &#224; la queue de sa monture :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;supplice&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/supplice.jpg?1740416289' width='500' height='332' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ces sc&#232;nes s'ins&#232;rent dans un d&#233;cors qui recouvre la totalit&#233; des murs : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;decors&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/decors.jpg?1740416289' width='500' height='282' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img class='centrer' alt=&#034;murs&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/murs.jpg?1740416289' width='500' height='281' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
... les plafonds sont &#233;galement peints :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;plafond&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/plafond.jpg?1740416289' width='500' height='333' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous y verrez aussi des restes de mobilier, comme cette biblioth&#232;que n'attendant plus que les volumens et les codex enlumin&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;bibliotheque&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/ferrande/bibliotheque.jpg?1740416289' width='500' height='282' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et surtout en sortant ne manquez pas de saluer la Bonne M&#232;re tenant son enfant dans les bras et qui vous b&#233;nissent tous les deux :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;Vierge&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L494xH600/Vierge-9677b.jpg?1741310348' width='494' height='600' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;signature&#034; style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois-Marie Leg&#339;uil, 22 septembre 2022&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/h4&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur le camino franc&#233;s, le pendu d&#233;pendu</title>
		<link>https://flaneurtextuel.fr/spip.php?article113</link>
		<guid isPermaLink="true">https://flaneurtextuel.fr/spip.php?article113</guid>
		<dc:date>2021-12-01T14:02:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>flaneur</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En ao&#251;t dernier, je suis all&#233; faire le tour d'une dizaine de ravissantes chapelles et &#233;glises du Bourbonnais, dans des villages splendides et dont on vient de restaurer les fresques. Je vous recommande ce circuit &#171; La Route des &#233;glises peintes du Bourbonnais &#187; je vous donne &#224; la fin de cette chronique son adresse internet pour plus de renseignements. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'&#233;glise du Saulcet, (tout pr&#232;s de Vichy) sur le mur du bas c&#244;t&#233; face &#224; l'entr&#233;e, sont peints trois panneaux d'un dessin tr&#232;s simple - (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ao&#251;t dernier, je suis all&#233; faire le tour d'une dizaine de ravissantes chapelles et &#233;glises du Bourbonnais, dans des villages splendides et dont on vient de restaurer les fresques. Je vous recommande ce circuit &lt;i&gt;&#171; La Route des &#233;glises peintes du Bourbonnais&lt;/i&gt; &#187; je vous donne &#224; la fin de cette chronique son adresse internet pour plus de renseignements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;glise du Saulcet, (tout pr&#232;s de Vichy) sur le mur du bas c&#244;t&#233; face &#224; l'entr&#233;e, sont peints trois panneaux d'un dessin tr&#232;s simple - presque l'esquisse d'une bande dessin&#233;e - qui m'ont intrigu&#233;. &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/1_saulcet_pendu-667ba.jpg?1740605320' width='500' height='375' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un petit carton encadr&#233;, le cur&#233; explique qu'il s'agit de la l&#233;gende du &#171; pendu d&#233;pendu &#187;. Voici son petit texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En 1130, Hugonel, jeune p&#232;lerin germanique en route avec ses parents vers Saint-Jacques-de-Compostelle, passa la nuit dans une auberge de Santo Domingo de la Calzada. Une jeune servante lui fit des avances, qu'il repoussa. &#201;conduite, elle cacha dans son bagage de la vaisselle d'argent. Au moment du d&#233;part, elle l'accusa du vol du plat. Il fut condamn&#233; et pendu pour ce vol qu'il n'avait pas commis. Les parents &#233;plor&#233;s continu&#232;rent leur p&#232;lerinage et pri&#232;rent saint Jacques. &#192; leur retour de Compostelle, ils entendirent leur fils pendu dire du haut du gibet qu'il vivait, car saint Jacques le prot&#233;geait. &#201;merveill&#233;s, ils s'adress&#232;rent au juge qui &#233;tait &#224; table et d&#233;gustait un coq et une poule r&#244;tis. Le juge leur r&#233;pondit avec ironie : &#171; Si votre fils est vivant, cette poule et ce coq se mettront &#224; chanter dans mon assiette. &#187; Ce qu'il advint : le coq chanta et la poule caqueta. L'alcalde boulevers&#233; ordonna de d&#233;pendre le jeune homme et de pendre &#224; sa place la fautive.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici de plus pr&#232;s cette fresque, ou ce qu'il en reste. &#192; gauche la famille du pendu au pied du gibet et le pendu &#224; droite. Mais o&#249; est donc pass&#233; le p&#232;re ? Je ne vois que la m&#232;re et quatre filles qui regardent le fils pendu. Que des femmes, un p&#232;re absent, un fils pendu, sans doute quelques bourreaux... serait-ce un r&#233;cit genr&#233; avant l'heure ? Navr&#233; de d&#233;cevoir #metoo, la peinture est simplement tr&#232;s incompl&#232;te : &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/2_saulcet_pendu-fa672.jpg?1740605320' width='500' height='375' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on voit le fils pendu. On l'a repr&#233;sent&#233; tout petit pour mettre en valeur le grand saint Jacques lui-m&#234;me - ici vraiment grand - reconnaissable &#224; son aur&#233;ole dor&#233;e que la longue suite des si&#232;cles a brunie. Le saint tend les bras et soutient les pieds du pendu pour que la corde ne l'&#233;trangle pas... M&#233;ditez, &#244; mes lecteurs ! Les deux protagonistes ont r&#233;ussi &#224; tenir cette situation tr&#232;s inconfortable suffisamment longtemps pour permettre aux parents d'aller implorer le saint chez lui &#224; Saint-Jacques de Compostelle et en revenir...m&#234;me en se pressant, cinq bons mois de voyage &#224; l'&#233;poque...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/5_saulcet_pendu-613b4.jpg?1740605320' width='500' height='375' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardant ces photos &#224; mon retour, je me suis souvenu d'avoir d&#233;j&#224; entendu parler de cette l&#233;gende. J'ai mis longtemps &#224; m'en souvenir, quinze ans d&#233;j&#224; ! C'&#233;tait dans les Hautes-Alpes, dans un minuscule village - Prelles - une chapelle rectangulaire, &#233;blouissante, enti&#232;rement peinte, la chapelle Saint-Jacques :&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/prelles_1-0ee2b.jpg?1740605320' width='500' height='333' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ressors mes milliers de photos du fond des Gicas octets de mon disque dur : Banco ! j'ai bien photographi&#233; cette sc&#232;ne : sur l'un des murs de Prelles, c'est bien l'histoire du &#171; pendu d&#233;pendu &#187; mais ici, la peinture est en bon &#233;tat et la ma&#238;trise du peintre sans commune mesure avec les dessins du Saulcet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc ces fresques de Prelles nous contant plus pleinement cette passionnante histoire de &#034;pendu d&#233;pendu&#034;. Des p&#232;lerins - le p&#232;re, la m&#232;re et le fils, en route pour Compostelle arrivent un soir &#224; l'auberge. La route a &#233;t&#233; longue, ils ont soif, la servante leur offre le verre de bienvenue :&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/prelles_2.jpg?1740416202' width='500' height='405' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parents d&#238;nent, tandis que la servante, une fille lubrique, attire l'innocent jeune homme au milieu des tonneaux de la cave pour lui conter fleurettes et l'enivrer. Mais ce bon gar&#231;on refuse les avances de la tentatrice, tourne la t&#234;te et la repousse de son bras droit. Parents, prenez de la graine, vous avez devant les yeux les bons fruits d'une bonne &#233;ducation ! : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH488/prelles_3-d933a.jpg?1740605320' width='500' height='488' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les parents dorment dans une chambre, tandis que dans l'autre, le fils dort aussi du sommeil du juste. Ils portent tous un bonnet de nuit, la couverture est remont&#233;e jusqu'aux mentons, c'est en montagne, les nuits sont fra&#238;ches m&#234;me en &#233;t&#233; et le chauffage &#224; l'&#233;poque quasi inexistant. La servante est non seulement lubrique mais aussi perfide : elle entre sur la pointe des pieds, et pour se venger d'avoir &#233;t&#233; repouss&#233;e, elle cache de la vaisselle pr&#233;cieuse sous le lit pour faire passer le damoiseau pour un voleur : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH486/prelles_4-6ed9f.jpg?1740605320' width='500' height='486' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque la justice est rapide, le fils est arr&#234;t&#233;, condamn&#233; et ex&#233;cut&#233; en un tour de main. On le voit les mains li&#233;es, la t&#234;te baiss&#233;e, les yeux ferm&#233;s sur les larmes... le bourreau v&#234;tu de rouge le tire par la corde tandis qu'il brandit l'assiette d'argent preuve du vol qu'il montre &#224; la foule... trois gendarmes en armures portant des piques l'accompagnent et l'un deux, au regard ac&#233;r&#233;, repousse de la main sans brutalit&#233; le p&#232;re &#233;plor&#233; qui supplie les mains jointes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH448/prelles_5-b564d.jpg?1740605320' width='500' height='448' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je propose que l'on montre cette s&#233;quence au Garde des Sceaux pour nourrir sa r&#233;flexion sur sa r&#233;forme de la justice : rapidit&#233; exemplaire, peine ex&#233;cut&#233;e sans sursis ni rappels &#224; la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le panneau suivant est tr&#232;s ab&#238;m&#233;, on ne voit que les visages des deux parents que l'on suppose &#224; genoux, les mains jointes priant, je pense, le bon saint Jacques d'accueillir en Paradis leur fils innocent et, h&#233;las ! n&#233;anmoins pendu...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH482/prelles_6-6877b.jpg?1740605320' width='500' height='482' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le panneau suivant est &#233;galement abim&#233;. Mais on peut reconstituer la sc&#232;ne tr&#232;s facilement. &#192; gauche, le seigneur est &#224; table, assis sur son fauteuil dont on devine le dossier de fer et les accoudoirs . Son bras pos&#233; sur une table basse sur laquelle est pos&#233; un gobelet de vin ; une petite lanterne &#233;claire son repas... &#224; droite le p&#232;re et la m&#232;re demandent au seigneur de pouvoir d&#233;pendre leur fils et l'enterrer. Heureusement que nous sommes pass&#233;s d'abord au Saulcet, car nous connaissons la suite gr&#226;ce au petit carton du pr&#233;voyant Cur&#233; : le seigneur refuse disant &lt;i&gt;&#171; OK, mais pas avant que le coq et la poule de mon festin ne ressuscitent et que leur plume ne repoussent &#187;&lt;/i&gt;.. La peinture confirme ce r&#233;cit : nous voyons clairement les deux volailles, ressuscit&#233;es bien que cuites et d&#233;sormais tr&#232;s emplum&#233;es qui chantent perch&#233;es sur les fers du condamn&#233;. Au Saulcet, c'&#233;taient un coq et une poule, ici, si je regarde bien ce sont deux coqs. On reconnait l&#224; l'artiste : le peintre de Prelles a choisi des coqs qui ont bien plus de tenue, de couleurs et de prestance que des poules, les Peaux rouge qui mettent des plumes dans leur chignons vous le confirmeront : ils n'utilisent que des plumes de coq ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH386/prelles_7-ca3fe.jpg?1740605320' width='500' height='386' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier panneau : la m&#232;re est &#224; genoux, au pied de la potence dont il ne reste que quelques barreaux de l'&#233;chelle qui permettait d'y monter... Elle tend les bras pour accueillir son fils bien aim&#233; dont seules sont visibles &#224; partir du genou les jambes qui descendent l'&#233;chelle. Ces simples morceaux choisis permettent de faire galoper notre imagination et de deviner toute l'&#233;motion de la sc&#232;ne :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH499/prelles_8-488f9.jpg?1740605320' width='500' height='499' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
N'oublions pas de remercier Saint Jacques, patron de cette chapelle pour son intervention ressuscitante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit l'histoire peinte s'arr&#234;te l&#224;, sans que la servante ne soit punie ni pendue, soit le panneau a disparu, soit je ne l'ai pas pris en photo. Si vous allez l&#224;-bas voir par vous-m&#234;mes, n'oubliez pas de me tenir au courant : la servante a-t-elle oui ou non, &#233;t&#233; condamn&#233;e ? C'est capital : une histoire pareille ne peut s'achever sans une morale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais o&#249; donc s'est pass&#233;e cette affaire juridico-religieuse ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout bonnement sur le camino frances du Chemin de saint Jacques, de l'autre c&#244;t&#233; des Pyr&#233;n&#233;es &#224; &lt;strong&gt;Santo Domingo de la Calzada&lt;/strong&gt;. En arrivant dans la cath&#233;drale du village, les p&#232;lerins rendaient visite au fameux retable-poulailler :&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L400xH316/milagro-8186b.jpg?1740605320' width='400' height='316' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les p&#232;lerins chantaient - je pense qu'&#233;tant sur les chemins par tous les temps depuis des mois, ils devaient plut&#244;t gueuler d'une voix enrou&#233;e - cette hymne &#224; saint Jacques :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;Quand nous f&#251;mes &#224; Saint-Dominique &lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;las ! mon Dieu !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous entr&#226;mes dedans l'&#233;glise &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour prier Dieu&lt;br class='autobr' /&gt;
Le miracle du p&#232;lerin&lt;br class='autobr' /&gt;
Par notre adresse&lt;br class='autobr' /&gt;
Avons ou&#239; le coq chanter&lt;br class='autobr' /&gt;
Dont nous f&#251;mes bien aise&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons qu'il s'agit du septi&#232;me miracle de saint Jacques de Compostelle racont&#233; dans le Liber Sancti Jacobi, tome Codex Calextinus (Pape Calixte II 1060-1124)... Ce codex a &#233;t&#233; vol&#233; en 2011 et retrouv&#233; en 2012 dans le garage du sacristain de la cath&#233;drale... Dommage que nous soyons au XXIe si&#232;cle, car j'aurais bien aim&#233; que le sacristain fut pendu pour voir la suite des &#233;v&#232;nements...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mes lecteurs - gens distingu&#233;s s'il en est ! - qui je le sais, en veulent toujours plus, on ne peut &#233;viter de faire appel &#224; Jacques de Voragine et &#224; sa &#171; L&#233;gende dor&#233;e &#187;. Car en mati&#232;re de saints, de miracles et d'aur&#233;oles, c'est lui le meilleur, il n'a pas &#233;t&#233; surpass&#233; depuis 1261, c'est dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici le r&#233;cit qu'il tire du fameux codex d&#233;rob&#233; puis retrouv&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;D'apr&#232;s le pape Calixte II, un Allemand allant avec son fils &#224; Saint-Jacques vers l'an 1090 s'arr&#234;ta pour se loger &#224; Toulouse chez un h&#244;te qui l'enivra et cacha une coupe d'argent dans sa malle. Quand ils furent repartis le lendemain, l'h&#244;te les poursuivit comme des voleurs et les accusa d'avoir vol&#233; la coupe. On ouvrit la malle et trouva l'objet. On les tra&#238;na sans d&#233;lai chez le juge. Il y eut un jugement qui pronon&#231;ait que tout leur avoir f&#251;t adjug&#233; &#224; l'h&#244;te, et que l'un d'eux serait pendu. Mais comme le p&#232;re voulait mourir &#224; la place du fils et le fils &#224; la place du p&#232;re, le fils fut pendu et le p&#232;re continua, tout chagrin, sa route vers Saint-Jacques. Or, vingt-six jours apr&#232;s, il revint et s'arr&#234;ta pr&#232;s du corps de son fils. Il poussa des cris de lamentation quand son fils attach&#233; &#224; la potence, se mit &#224; le consoler en disant : &#171; Tr&#232;s doux p&#232;re, ne pleure pas, car je n'ai jamais &#233;t&#233; aussi bien. Jusqu'&#224; ce jour, saint Jacques m'a sustent&#233; et il me restaure d'une douceur c&#233;leste &#187;. En entendant cela, le p&#232;re courut &#224; la ville, le peuple vint, d&#233;tacha le fils du p&#232;lerin qui &#233;tait sain et sauf, et pendit l'h&#244;te&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Callixte et Voragine, le r&#233;cit est plus Corn&#233;lien avec ce p&#232;re et ce fils qui se disputent pour &#234;tre pendus... Mais c'est vrai que nous sommes ici dans une cath&#233;drale avec Calixte un Pape et dans un r&#233;cit &#233;crit par Jacques de Voragine un Archev&#234;que.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis qu'&#224; Prelles et au Saulcet, petits hameaux de campagne, nous sommes dans la bande dessin&#233;e, tout un r&#233;cit plus pittoresque avec un jeune homme godiche, une servante - Ah, les femmes ! - d&#233;lur&#233;e ivrognesse et libertine, nous sommes en plein romantisme passionnel comme dans les fabliaux m&#233;di&#233;vaux... Pour ma part, je choisis la bande dessin&#233;e de Prelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amis p&#232;lerins textuels, il est temps de se s&#233;parer car si je n'ai pas entendu le coq du voisin chanter, j'entends l'Ang&#233;lus sonner au clocher mitoyen de ma maison et je dois allumer sous ma soupe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voici la Route des &#233;glises peintes du Bourbonnais :&lt;br class='autobr' /&gt;
Cliquez sur ce lien :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.allier-auvergne-tourisme.com/culture-patrimoine/art-roman-et-religieux/la-route-des-eglises-peintes-184-1.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.allier-auvergne-tourisme.com/culture-patrimoine/art-roman-et-religieux/la-route-des-eglises-peintes-184-1.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Orange, Saint-Florent : Fran&#231;ois, Louis et Elz&#233;ar</title>
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&lt;p&gt;M&#234;me dans les plus petites &#233;glises de village, de tr&#232;s nombreux tableaux ont &#233;t&#233; nettoy&#233;s et restaur&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es et sont d&#233;sormais offerts &#224; notre regard souvent admiratif. Attardez-vous devant eux : ce sont de v&#233;ritables biblioth&#232;ques in&#233;puisables racontant de fa&#231;on toujours diff&#233;rente ces merveilleuses histoires bibliques ou historiques qui ont berc&#233; notre jeunesse et constituent tout un pan de notre patrimoine culturel. Ils remplissent ainsi la mission d'enseignement et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me dans les plus petites &#233;glises de village, de tr&#232;s nombreux tableaux ont &#233;t&#233; nettoy&#233;s et restaur&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es et sont d&#233;sormais offerts &#224; notre regard souvent admiratif. Attardez-vous devant eux : ce sont de v&#233;ritables biblioth&#232;ques in&#233;puisables racontant de fa&#231;on toujours diff&#233;rente ces merveilleuses histoires bibliques ou historiques qui ont berc&#233; notre jeunesse et constituent tout un pan de notre patrimoine culturel. Ils remplissent ainsi la mission d'enseignement et de transmission voulue par leurs commanditaires et leurs peintres et constituent un t&#233;moignage irrempla&#231;able du regard que leurs contemporains jetaient sur le monde qui les environnait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tel &#233;tait le cours de mes pens&#233;es devant ce grand tableau que je contemplais dans le ch&#339;ur de l'&#233;glise Saint-Florent d'Orange :&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L402xH600/1_tableau-e0514.png?1741269907' width='402' height='600' /&gt;Dat&#233; de la fin du XVIIe si&#232;cle ou du d&#233;but du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, il repr&#233;sente saint Fran&#231;ois d'Assise assis dans un Ciel de petits nuages blancs et d'angelots ail&#233;s. Il est v&#234;tu de sa c&#233;l&#232;bre robe de bure brune, ceintur&#233;e de la cordeli&#232;re aux trois n&#339;uds symbolisant les trois v&#339;ux des fr&#232;res mineurs selon la r&#232;gle de saint Fran&#231;ois : &#171; &lt;i&gt;vivre dans l'ob&#233;issance, dans la chastet&#233; et sans aucun bien qui leur appartienne&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Un rosaire y est attach&#233;, termin&#233; par une croix surmont&#233;e d'une petite t&#234;te de mort rappelant, non seulement les &#171; fins derni&#232;res &#187; &#171; &lt;i&gt;Tu es poussi&#232;re et tu retourneras &#224; la poussi&#232;re &lt;/i&gt; &#187; mais rappelant aussi notre premier anc&#234;tre Adam dont la faute originelle a &#233;t&#233; rachet&#233;e par le Christ nouvel Adam : &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L270xH400/2_rosaire_et_cordeliere-caf93.jpg?1741269907' width='270' height='400' /&gt;Et bien entendu, il est pieds nus dans ses sandales de cuir, toujours selon la r&#232;gle de pauvret&#233;. Un angelot lui pr&#233;sente un livre ouvert, d&#233;chiffr&#233; gr&#226;ce au zoom de mon appareil photo : &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH461/2b_inscription-21258.jpg?1741269907' width='500' height='461' /&gt;&#171; &lt;i&gt;Et quicumque hanc regulam secuti fuerint, pax super illos... &lt;/i&gt; &#187; ce texte est tir&#233; de la Lettre aux Galates de saint Paul (Gal. 6 &#8211; 16) : &#171; &lt;i&gt;Paix et mis&#233;ricorde sur tous ceux qui suivront cette r&#232;gle &lt;/i&gt; &#187;. Dans la liturgie classique, on lit la lettre aux Galates &#8211; et donc cet extrait - le 17 septembre &#171; &lt;i&gt;jour de la f&#234;te de l'impression des stigmates sacr&#233;s dans le corps de Saint-Fran&#231;ois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et justement, saint Fran&#231;ois donne de sa main droite la cordeli&#232;re et la bure &#224; deux personnages agenouill&#233;s : saint Louis roi de France et saint Elz&#233;ar de Sabran. Saint Louis est rev&#234;tu de la robe royale bleue, sem&#233;e des lys de France, &#224; ses pieds un sceptre et sans doute une main de justice : &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L244xH400/3_saint_louis-3d704.jpg?1741269907' width='244' height='400' /&gt; &#192; partir du XVe si&#232;cle, ce roi passa pour avoir &#233;t&#233; tertiaire de Saint-Fran&#231;ois, c'est-&#224;-dire un la&#239;c ayant d&#233;cid&#233; de vivre selon la r&#232;gle des franciscains. Les &#233;tudes qui viennent de sortir sur le sujet estiment qu'il n'en est probablement rien. Il semble que cette l&#233;gende vient du fait qu'&#224; Tunis o&#249; il mourut en croisade en 1270, il se fit transporter en signe de p&#233;nitence sur un lit de cendres pour recevoir les derniers sacrements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elz&#233;art de Sabran, baron d'Ansouis (en Vaucluse) naquit 15 ans apr&#232;s la mort de saint Louis : &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L261xH400/elzear_2-dc7f2.jpg?1741269907' width='261' height='400' /&gt; &#192; 14 ans il &#233;pousa Delphine de Signes qui en avait 16. Le jour de leurs noces, ils firent le v&#339;u de vivre tous les deux c&#244;te &#224; c&#244;te, mais chastement et rejoignirent le jour m&#234;me le tiers ordre franciscain. Ce qui n'emp&#234;cha pas Elz&#233;ar de devenir r&#233;gent du Royaume de Naples pour le compte des rois d'Aragon, de guerroyer et d'&#234;tre ambassadeur &#224; Paris o&#249; il mourut. T&#233;moigne de cette vie quasi princi&#232;re l'&#233;p&#233;e &#224; ses pieds et de son mariage blanc les lys symboles de puret&#233;, crois&#233;s avec l'&#233;p&#233;e reposant sur un mouchoir joliment froiss&#233; et immacul&#233; &#233;galement symbole de puret&#233;. Il fut canonis&#233; en 1369.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Delphine son &#233;pouse, elle fut b&#233;atifi&#233;e pour sa vie exemplaire. Devenue veuve, elle quitta la Cour aragonaise de Naples, pratiqua &#224; Apt &#171; &lt;i&gt;les exercices de mendicit&#233; publique&lt;/i&gt; &#187; si excessifs qu'ils scandalis&#232;rent la ville ; elle s'enferma alors un an dans un &#171; &lt;i&gt;reclusoir&lt;/i&gt; &#187; et finit sa vie dans des p&#233;nitences extr&#234;mes que son entourage jugea extravagantes, ce qui explique peut-&#234;tre que malgr&#233; de solides appuis princiers, elle ne fut jamais canonis&#233;e, mais simplement b&#233;atifi&#233;e&#8230; Certains historiens estiment que son s&#233;jour chez les b&#233;guines et le fait d'avoir un confesseur b&#233;guin &#224; une &#233;poque o&#249; les errements doctrinaux des b&#233;guins et b&#233;guines venaient d'&#234;tre condamn&#233;s par le Pape avignonnais Jean XXII suffisent &#224; expliquer l'interruption de son proc&#232;s en canonisation... &lt;br class='autobr' /&gt; Mais &#224; l'&#233;glise d'Ansouis, berceau des Sabran, elle est toutefois v&#233;n&#233;r&#233;e &#224; l'instar de son mari comme en t&#233;moignent les deux reliquaires : &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/reliquaire_a_ansouis.jpg?1740416207' width='500' height='375' /&gt;En tout &#233;tat de cause, n'&#233;tant pas canonis&#233;e elle n'avait pas &#224; figurer sur le tableau de Saint-Florent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'angle gauche en bas de la toile, figurent les &#171; &lt;i&gt;conformit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; l'embl&#232;me franciscain : &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH469/6_conformite_petit-04a13.jpg?1741269907' width='500' height='469' /&gt;Deux bras crois&#233;s, sur la croix, le bras droit nu &#8211; celui du Christ, et le bras gauche de Fran&#231;ois rev&#234;tu d'une manche de bure, la main du Christ perc&#233;e par le clou du supplice, celle de Fran&#231;ois perc&#233;e du stigmate du clou...&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet embl&#232;me des &#171; &lt;i&gt;conformit&#233;s &lt;/i&gt; &#187; manifeste la volont&#233; du franciscain &#8211; aussi appel&#233; cordelier ou fr&#232;re mineur - de vivre en conformit&#233; avec le crucifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ajouter qu'&#224; Orange, au XVIIe si&#232;cle, on n'&#233;tait pas encore en France, pour cela il fallait traverser le Rh&#244;ne ou remonter un peu vers le nord dans la partie du Dauphin&#233; qui est aujourd'hui la Dr&#244;me. La principaut&#233; d'Orange ne fut annex&#233;e qu'en 1713 par Louis XIV lors du Trait&#233; d'Utrecht. Mais m&#234;me si le tableau semble avoir &#233;t&#233; peint avant cette date, le fait de voir saint Louis, un roi de France orner le ch&#339;ur d'une &#233;glise d'Orange, n'&#233;tait pas anormal : ce roi figurait alors dans beaucoup d'&#233;glises franciscaines italiennes et notamment &#224; Assise m&#234;me et &#224; Florence peint par Giotto dans la chapelle des Bardi ainsi qu'&#224; Rome &#224; Saint-Louis-des-Fran&#231;ais. Quant &#224; Elz&#233;ar, c'&#233;tait une gloire religieuse du Comtat V&#233;nessain des Papes, aujourd'hui Vaucluse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, on peut souligner que pour les Franciscains suspendre un tel tableau dans le choeur de leur &#233;glise de centre-ville, c'&#233;tait souligner pour l'ensemble des fid&#232;les qui venaient &#224; leurs offices et leurs pr&#233;dications que la mystique ou la simple pi&#233;t&#233; de ces pauvres mendiants fr&#232;res mineurs atteignait les sommets de la soci&#233;t&#233;, rois et princes eux-m&#234;mes. Mais l'histoire ne s'arr&#234;te pas l&#224;...&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;&lt;strong&gt;O&#249; l'on va suivre la cordeli&#232;re vers d'autres horizons :&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que l'on a fait le tour de ce tableau : pas du tout ! Il y a encore quelques bouts de laine, ou plut&#244;t un bout de cordeli&#232;re &#224; tirer qui va nous emmener vers d'autres rivages&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Car c'est bien la cordeli&#232;re franciscaine qui est le lien entre les trois personnages : deux l'ont port&#233;e et le troisi&#232;me &#8211; le roi saint Louis - est suppos&#233; l'avoir port&#233;e... l'avenir prestigieux de la cordeli&#232;re repose pr&#233;cis&#233;ment sur celui qui est simplement suppos&#233; l'avoir port&#233;e, le roi saint Louis...&lt;br class='autobr' /&gt;
Un manuscrit de l'&#233;poque de saint Louis le montre &#224; son sacre portant une robe semblable &#224; celles des Franciscains :&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/7_sacre_saint_louis.jpg?1740416208' width='500' height='385' /&gt;Mais une r&#233;cente &#233;tude propose que l'enluminure aurait &#233;t&#233; repeinte deux si&#232;cles plus tard, fin du XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'&#233;poque o&#249; se diffuse le r&#233;cit du roi franciscain.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la m&#234;me &#233;poque saint Louis d'Anjou (1274 1297), fils de Charles II duc d'Anjou et roi de Naples et petit-neveu de saint Louis, devient pr&#234;tre, franciscain et &#233;v&#234;que de Toulouse. D&#233;c&#233;d&#233; &#224; 23 ans, sa r&#233;putation est telle qu'il sera canonis&#233; seulement 20 ans apr&#232;s en 1317. La renomm&#233;e de ces rois, princes, seigneurs franciscains ou proches d'eux, entra&#238;n&#232;rent un v&#233;ritable engouement pour les fr&#232;res mineurs et leur cordeli&#232;re dans la haute noblesse et jusque dans les maisons princi&#232;res du royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce climat, qu'Anne duchesse de Bretagne, deux fois reines de France avec ses &#233;poux successifs Charles VIII et Louis XII et en outre m&#232;re de la reine Claude, l'&#233;pouse de Fran&#231;ois 1er, adopte cette cordeli&#232;re dans son embl&#233;matique. La cordeli&#232;re devient alors un cordon de soie blanche qui entoure son blason, mais les n&#339;uds franciscains de &#171; &lt;i&gt; plein poing &lt;/i&gt; &#187; (terme technique des marins), sont remplac&#233;s par des &#171; &lt;i&gt;lacs d'amour&lt;/i&gt; &#187; (du mot lacet c'est-&#224;-dire cordon, et lac se prononce alors &#171; la &#187;...) Voici le blason d'Anne en cl&#233; de voute de sa cath&#233;drale de Nantes : &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L400xH386/8_armes_de_bretagne_cathedrale_de_nantes-219ad.jpg?1741269907' width='400' height='386' /&gt;La rugueuse et s&#233;v&#232;re cordeli&#232;re de chanvre, objet vestimentaire symbolique des trois v&#339;ux franciscains est devenue un simple objet de d&#233;coration : un cordon de co&#251;teuse soie blanche artistiquement et d&#233;licatement entrelac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, la mode &#233;tait de cr&#233;er des Ordres de chevalerie, cela durera deux si&#232;cles. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1348, &#201;douard III au si&#232;ge de Calais fonde l'Ordre de la Jarreti&#232;re &#171; &lt;i&gt;honi soit qui mal y pense... &lt;/i&gt; &#187; suivi en 1351 par le roi Jean Le Bon et son &lt;i&gt;Ordre de l'&#201;toile&lt;/i&gt;, en 1352 par Louis de Tarente roi de Naples avec l'&#171; &lt;i&gt; Ordre du Saint-Esprit au Droit D&#233;sir ou du N&#339;ud&lt;/i&gt; &#187; ; puis en 1430 Philippe le Bon duc de Bourgogne, lance sa fameuse &lt;i&gt;Toison d'Or&lt;/i&gt;, le Bon Roi Ren&#233;, duc d'Anjou suivit avec l'&lt;i&gt;Ordre du Croissant&lt;/i&gt; en 1448, et Louis XI avec l'&lt;i&gt;Ordre de Saint Michel&lt;/i&gt; en 1469&#8230; Le cordon des colliers de tous ces ordres &#8211; &#224; part celui de la Jarreti&#232;re, dont le cordon &#233;tait tout trouv&#233; ! - rappellent peu ou prou la c&#233;l&#232;bre cordeli&#232;re franciscaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1498 , la reine Anne innove avec un ordre r&#233;serv&#233; aux Dames, bien entendu de qualit&#233; et d&#233;votes et tout simplement d&#233;nomm&#233; &#171; &lt;i&gt;L'Ordre de la Cordeli&#232;re &lt;/i&gt; &#187;, dont le cordon blanc, noir pour les veuves, n'avait plus qu'un lointain rapport avec la fameuse cordeli&#232;re de saint Fran&#231;ois. La devise de cet ordre, un de ces jeux de mots dont l'&#233;poque &#233;tait friande : &#171; &lt;i&gt;J'ay le corps d&#233;li&#233;&lt;/i&gt;, &#187; car il se prononce comme le mot Cordeli&#232;re. Je retrouve ce jeu de mot encore en 1898 dans le trait&#233; d'&#171; Iconographie Chr&#233;tienne &#187; de Mgr Barbier de Montault, &lt;i&gt;Pr&#233;lat de sa Saintet&#233;&lt;/i&gt; &#224; la page 287 :&#171; &lt;i&gt; La veuve reprend son &#233;cusson de jeune fille, qui est un losange et l'entoure d'une cordeli&#232;re, parce que son corps est d&#233;li&#233; d&#233;sormais.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
La reine Anne en donna le collier &#224; ses dames d'honneur, les exhortant &#224; vivre saintement :&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L458xH610/9_ordre_de_la_cordelie_re-fb582.png?1741269907' width='458' height='610' /&gt; &#171; &lt;i&gt;Chacun s&#231;ait comme la Cordeli&#232;re s'est rendue depuis commune &amp; que les veuves la mettent &#224; l'entour de leur blason&lt;/i&gt; &#187; rappelle Moreri au XVIIe si&#232;cle dans son Grand dictionnaire historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise de Savoie, la m&#232;re de Fran&#231;ois 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; suit la mode en prenant la fameuse cordeli&#232;re franciscaine devenue la cordeli&#232;re aux &#171; &lt;i&gt;Lacs d'Amour&lt;/i&gt; &#187; en lui donnant le nom de &#171; &lt;i&gt;Noeuds de Savoie.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et bien entendu, elle fut suivie par son fils Fran&#231;ois 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; qui en fit un &#233;l&#233;ment de la d&#233;coration de son ch&#226;teau de Chambord comme viennent de le montrer Thibaud Fourrier et Fran&#231;ois Parot du CESR de Tours (Centre d'&#233;tudes sup&#233;rieures de la Renaissance) dans leur superbe livre tout juste &#233;dit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Chambord : Un livre de pierre&lt;/i&gt;. &#187; Voici les Armes de Louise au ch&#226;teau de Chambord :&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L464xH421/10_louise_de_savoie_blason_chambord-3affd.png?1741269907' width='464' height='421' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; reprit &#224; son tour le double embl&#232;me, corde &#224; grains et lacs d'amour, notamment en modifiant le collier de l'ordre de Saint-Michel d&#232;s 1516 : les aiguillettes d'origine furent alors remplac&#233;es par une corde faite de n&#339;uds en forme de 8 : &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L461xH435/11_ordre_de_st_michel-0f63b.png?1741269907' width='461' height='435' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2003, je visitais pour la premi&#232;re fois l'extraordinaire monast&#232;re de Brou en Bourgogne, tombeau de Philibert de Savoie et son &#233;pouse Marguerite de Bourgogne, et j'y d&#233;couvris les &#171; &lt;i&gt;n&#339;uds de Savoie&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt; lacs d'amour&lt;/i&gt; &#187; en forme de 8 couch&#233;, avec la devise latine (&#171; &lt;i&gt;il porte &lt;/i&gt; &#187;), autour du tombeau de Philibert, sur le tympan du portail ouest et sur des vitraux :&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/12_brou_2009.jpg?1740416204' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce motif sur ce tombeau m'avait alors beaucoup intrigu&#233;, puis je l'ai retrouv&#233; en h&#233;raldique, ce qui m'entra&#238;na dans des fl&#226;neries visuelles longues, passionnantes, mais tr&#232;s &#233;pisodiques jusqu'&#224; ce que je rencontre &#224; nouveau la cordeli&#232;re pendant le second confinement sur notre tableau de Saint-Florent &#224; Orange&#8230; La vie d'un Fl&#226;neur est pleine de rebondissements divertissants...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous l'ai dit en introduction, la visite des &#233;glises, m&#234;me les plus petites et les plus perdues, est toujours int&#233;ressante et souvent m&#234;me fascinante... si vous m'avez suivi jusqu'ici, c'est que vous le pensez&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;signature&#034;&gt;Fran&#231;ois-Marie Leg&#339;uil, 29 novembre 2021 &lt;br/&gt;cinqui&#232;me vague de Covid 19 &lt;br/&gt;variant Sud-Africain &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bapt&#234;me de Clovis, c'&#233;tait au Col des Abeilles ?</title>
		<link>https://flaneurtextuel.fr/spip.php?article114</link>
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		<dc:date>2021-09-05T06:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Derri&#232;re le Mont Ventoux entre Sault et Ville-Sur-Auzon, la route grimpe fortement dans une campagne d&#233;sertique de for&#234;ts et de lavandes jusqu'&#224; atteindre un petit plateau : le col Notre-Dame des Abeilles culmine &#224; 1.000 m&#232;tres d'altitude. Un endroit idyllique : douceur de l'air m&#234;me par temps de canicule... odeurs de thym et de sauge, couleurs des fleurs sauvages, bosquets de ch&#234;nes verts. Un puits vo&#251;t&#233; multicentenaire, une ravissante chapelle adoss&#233;e &#224; son presbyt&#232;re, un petit cimeti&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaneurtextuel.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Fl&#226;ner en France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re le Mont Ventoux entre Sault et Ville-Sur-Auzon, la route grimpe fortement dans une campagne d&#233;sertique de for&#234;ts et de lavandes jusqu'&#224; atteindre un petit plateau : le col Notre-Dame des Abeilles culmine &#224; 1.000 m&#232;tres d'altitude. Un endroit idyllique : douceur de l'air m&#234;me par temps de canicule... odeurs de thym et de sauge, couleurs des fleurs sauvages, bosquets de ch&#234;nes verts. Un puits vo&#251;t&#233; multicentenaire, une ravissante chapelle adoss&#233;e &#224; son presbyt&#232;re, un petit cimeti&#232;re clos de murs&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/clovis/chapelle.jpg?1740416276' width='500' height='375' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous &#234;tes hors du temps, rien n'a boug&#233; depuis le XVIIe si&#232;cle quand les quelques familles du hameau des Isnards ont construit ce site pour avoir eux aussi leur &#233;glise, celle de Monieux leur paroisse &#233;tant trop loin, surtout l'hiver avec 5 kilom&#232;tres &#224; travers bois dans la neige&#8230; B&#226;tir ici s'imposait : car c'&#233;tait l&#224; que chaque ann&#233;e se regroupaient les troupeaux de moutons partant en transhumance sur le Ventoux. Ce jour-l&#224;, le Cur&#233; b&#233;nissait ces multitudes de bergers, de chiens et de moutons dans une joyeuse, bruyante, aboyante et b&#234;lante f&#234;te religieuse et professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissez votre voiture derri&#232;re le puits, la chapelle Notre-Dame de Consolation est en face&#8230;&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/puits-6f33d.jpg?1740848039' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Soyez pr&#233;venus : il vous faudra bien de la chance pour la visiter. Comme celle de Monieux, elle d&#233;pend de la paroisse de Sault, o&#249; vous trouverez peut-&#234;tre les horaires. Le plus simple serait de participer &#224; la messe annuelle du 15 ao&#251;t : ce serait, en prime, acc&#233;der au sens profond de ce lieu.&lt;br/&gt;Au cas fort probable o&#249; elle serait ferm&#233;e lors de votre venue, voici une photo qui vous consolera peut-&#234;tre :&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/clovis/nef.jpg?1740416276' width='500' height='375' /&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est ferm&#233;e ? h&#233;las ! Entrez dans le cimeti&#232;re. Devant vous, le mausol&#233;e de l'Abb&#233; Thouard, le c&#233;l&#232;bre &#171; Cur&#233; des Abeilles &#187; desservant du lieu, mais aussi &#171; rebouteux &#187;, tr&#232;s appr&#233;ci&#233; pour ses deux fonctions par ses ouailles qui lui &#233;lev&#232;rent ce modeste monument.&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/clovis/tombe.jpg?1740416277' width='500' height='375' /&gt;Sa connaissance des &#171; simples &#187; et des entorses et surtout sa fameuse &#171; &lt;i&gt;Liqueur concentr&#233;e du Cur&#233; des Abeilles, Microbicide et R&#233;g&#233;n&#233;ratrice du sang &lt;/i&gt; &#187; &#224; base de sarriette lui valurent cependant quelques d&#233;m&#234;l&#233;s avec les m&#233;decins jusqu'&#224; Avignon, et donc aussi avec l'&#233;v&#234;ch&#233;&#8230; J'ai vu en vente sur e.bay, une ordonnance de 1936 prescrivant cette Liqueur :&lt;img class= &#034;centrer&#034; alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/clovis/liqueur.jpg' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;Suivre le Christ restait son but : &#171; &lt;i&gt; Je me suis fait tout &#224; tous pour les sauver tous &lt;/i&gt; &#187;, rappelle la plaque de marbre appos&#233;e en 1988 par sa famille et ses admirateurs pour le centenaire de la mort de celui &#171; &lt;i&gt; qui fut pendant trente ans, le m&#233;decin des &#226;mes et des corps &lt;/i&gt; &#187;. Son beau buste en bronze a scandaleusement &#233;t&#233; vol&#233; en 2019 et remplac&#233; par une terre cuite&#8230; Derri&#232;re, une simple colonne, en guise de monument aux Morts. Ayez un regard et une pens&#233;e pour ces morts de 14-18, si nombreux pour un si minuscule hameau&#8230; lisez les inscriptions, d&#233;chiffrez leurs d&#233;corations et leurs photos que le temps ach&#232;ve d'effacer&#8230;&lt;br/&gt;
Refermez la porte avec la chaine centenaire et suivez le chemin qui descend : un pr&#233; barr&#233; par une chaine de plastique, faites attention : elle est pos&#233;e par un voisin pr&#233;venant, ne la brisez pas. Ce terrain appartient &#224; l'&#233;v&#234;ch&#233; et sert aux scouts et guides, parfois. De vigoureux chardons vont griffer vos chevilles, mais hardi ! Continuez avec courage. Un autel de grosses pierres, un tumulus encombr&#233; d'un arbre foudroy&#233;, une grande croix de m&#233;tal, un Christ un peu rouill&#233; vous y attendent. &lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/IMG/clovis/memorial.jpg?1740416276' width='500' height='375' /&gt;Manifestement, l'autel que vous voyez a &#233;t&#233; construit face aux fid&#232;les &#8211; selon l'usage de Vatican II &#8211; mais avec les pierres de l'ancien autel dos aux fid&#232;les. Attention &#224; vos chevilles : le d&#233;placement a &#233;t&#233; fait sans soin et l'ancien emplacement est devenu un trou&#8230;&lt;br/&gt;
Quoiqu'il en soit, approchez-vous. Sous la Croix, une st&#232;le &#233;troite, arrondie en haut et un texte tr&#232;s effac&#233;&#8230; Allez, un jeu de piste vous rappellera vos exploits de scout et de guide : essayez de d&#233;chiffrer l'inscription ; prenez votre temps.&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L413xH550/stele-20b11.jpg?1740848039' width='413' height='550' /&gt; Vous n'y arrivez pas ? je vais vous y aider. Pour la lire, je l'ai l'ai prise en photo sous divers angles et sous divers &#233;clairages, et voici ce qu'elle nous dit, en respectant les retours &#224; la ligne :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;titre_centre&#034;&gt;&#171; DIEU&lt;br/&gt;que Clotilde&lt;br/&gt;Adore&lt;br/&gt;Je n'ai plus&lt;br/&gt;D'autre recours&lt;br/&gt;Que vous&lt;br/&gt;Si vous me rendez&lt;br/&gt;Victorieux&lt;br/&gt;Je croirai en vous&lt;br/&gt;Et me ferai &lt;br/&gt;Baptiser&lt;br/&gt;En votre nom&lt;br/&gt;Jubil&#233; national &lt;br/&gt;1895 &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1895, le Pape L&#233;on XIII avait accord&#233; &#224; la France, un jubil&#233; pour le huiti&#232;me centenaire du concile de Clermont et de la premi&#232;re croisade, jubil&#233; auquel on rattacha les manifestations pr&#233;vues pour l'ann&#233;e suivante &#224; l'occasion du 14e centenaire du bapt&#234;me de Clovis.&lt;br/&gt;
La Biblioth&#232;que Nationale me fournit sur internet le journal La Croix pour les ann&#233;es 1895 et 1896. Dans celui du 15 novembre 1896, je lis :&lt;br/&gt;
&lt;i&gt;&#171; Adresse &#224; S. S. le Pape L&#233;on XIII, sign&#233;e des cardinaux, archev&#234;ques, &#233;v&#234;ques et abb&#233;s pr&#233;sents &#224; Reims pour les f&#234;tes du Centenaire.&lt;br/&gt; Reims, le 15 octobre 1836.&lt;br/&gt; Tr&#232;s Saint-P&#232;re,&lt;br/&gt;Favoris&#233; des plus pr&#233;cieuses b&#233;n&#233;dictions de Votre Saintet&#233;, le jubil&#233; du 14e Centenaire du bapt&#234;me de Clovis et de la conversion de la nation fran&#231;aise &#224; la foi chr&#233;tienne se c&#233;l&#232;bre avec une incomparable grandeur, et provoque les plus admirables manifestations de pi&#233;t&#233;. D&#233;j&#224; depuis six mois, de nombreux p&#232;lerinages n'ont pas cess&#233; de se succ&#233;der dans la ville de saint Remi. De toutes les parties de la France, pr&#234;tres et la&#239;ques,' chr&#233;tiens et chr&#233;tiennes, appartenant aux classes les plus diverses de la soci&#233;t&#233;, sont venus apporter ici le tribut de leurs actions de gr&#226;ces, pour le don inestimable de la foi, et y renouveler les engagements sacr&#233;s de leur bapt&#234;me. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s surpris de trouver dans ce lieu si recul&#233;, si humble, si loin de tout, le rappel de ces c&#233;r&#233;monies qui se sont d&#233;roul&#233;es dans la cath&#233;drale de Reims avec un immense concours d'&#233;v&#234;ques, d'archev&#234;ques, de Nonce, de personnalit&#233;s civiles et politiques d'envergure nationale. Oui, en trouver l'&#233;cho ici sur le Col des Abeilles, m'a touch&#233;. J'aimerais en savoir plus sur le Cur&#233; de Monieux qui a patronn&#233; la construction de ce monument qui a d&#251; &#234;tre co&#251;teux avec sa tr&#232;s haute croix m&#233;tallique et son grand Christ de fonte, et sur ces donateurs de ce minuscule hameau des Isnards, de ce lieu dit des Abeilles, de ce petit village de Monieux qui ont r&#233;ussi &#224; r&#233;unir ces sommes tr&#232;s importantes pour eux. Pour ces paroissiens, l'&#233;v&#233;nement &#8211; comm&#233;morer le bapt&#234;me de Clovis- en valait manifestement la peine. Et pour p&#233;renniser le monument, ils en ont fait donation au dioc&#232;se avec le terrain environnant. Ici, tout cela compte encore : un voisin b&#233;n&#233;vole vient tondre p&#233;riodiquement le terrain avec son tracteur. Histoire si lointaine de Clovis, transhumance des moutons au Grand Si&#232;cle, Jubil&#233; de L&#233;on XIII, architecture du XVIIe, souvenir de la Grande Guerre, Cur&#233; gu&#233;risseur du XIXe, l'Histoire, la grande et la petite, la nationale et la locale, la religion populaire et la pi&#233;t&#233; des humbles, tout ceci nous est offert sur quelques centaines de m&#232;tres carr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;signature&#034; style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois-Marie Leg&#339;uil, septembre 2021&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&lt;img class='centrer' alt=&#034;&#034; src='https://flaneurtextuel.fr/local/cache-vignettes/L460xH340/timbre-c33b0.jpg?1740848039' width='460' height='340' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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