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En marche vers l’avenir radieux de la Raison

Wittgenstein : « les limites de ma langue sont les limites de mon monde »

Le français ? En même temps, c’est de l’anglais !
La CILF - Cité internationale de la langue française inaugurée en 2023 par Monsieur Macron pour être, dit-il, un « pilier symbolique de la francophonie » dans ce Château de Villers-Cotterêts superbement restauré où François 1er signa le fameux édit de Villers-Cotterêts faisant du Français la langue officielle de l’État - notion que reprend notre Constitution :
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La Commission européenne vient de créer dans cette CILF un « nouveau machin » européen intitulé « l’Alliance pour les technologies des langues. » La semaine dernière, l’Alliance a publié une annonce pour recruter son futur directeur ou directrice, en précisant que si la « langue quotidienne » est bien le français, la langue de travail sera l’anglais… Tout le monde le sait : le français, c’est bon pour discuter devant la machine à café, mais certainement pas pour faire du boulot sérieux !
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Je trouve ce logo tout à fait explicite : la clef du français, c’est l’anglais : le chef-d’œuvre du « en même temps... »

Les wokes ont raison d’affirmer que la structure même du français est héritée de ce « patriarcat hétéronormé  » comme vient de le révéler notre chaîne publique Arte dans ce délicieux jargon socio-éducatif qui fait la gloire de nos universités. On peut remarquer à l’appui de cette affirmation, que notre langue chérie peine à se transformer pour coller à la théorie du genre. Par exemple, les inclusifs ont découvert avec horreur que les conjugaisons ne peuvent évoluer à la troisième personne du pluriel : Exemple avec le verbe courir : je cours, tu cours, il/elle/on court (au singulier, le neutre est possible) nous courons, vous courez, ils/elles courent. Eh bien, nous y voilà ! On ne peut dire : on.(s.es) courent ! Il est donc difficile de nier que l’anglais soit mieux adapté à l’évolution genrée neutre du langage : il est juste qu’elle soit la seule et véritable langue de travail.

C’est pourquoi notre président qui a proclamé naguère que la culture française n’existait pas, est en toute logique fondé à ne pas imposer la langue française comme langue de travail dans le Temple qui est dédié à cette même langue française : et voilà pourquoi, dans une partie de la Cité internationale de la langue française, on travaillera sur notre langue, mais en anglais.
Nous vivons une époque formidable !

Booty Therapy : philosophie de la fesse ou danse de la fesse ?
Contrairement à ce que je croyais, le Booty Therapy n’est pas une danse au sens propre du terme, c’est un concept philosophique de développement personnel strictement féminin, interdit aux hommes et dont la prophétesse est Maïmouna Coulibaly. Rassurez-vous, point n’est besoin d’être docteur en philosophie pour la comprendre, car Maïmouna résume ainsi sa philosophie : « Bouge tes fesses pour assumer ta féminité ! » La danse qui depuis les années soixante n’avait plus besoin du couple - ce suspect concept hétérosexuel - se réduit désormais aux fesses : «  On se moque bien des conventions et des diktats de beauté. Peu importe le corps, l’âge, la taille, la couleur de peau, la couleur de cheveux, le style vestimentaire, ce qui nous lie toutes, c’est cette envie de nous dépasser en bougeant son corps, s’affirmer en tant que femme et pouvoir s’assumer telle que nous sommes : »
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Toutefois, si vous êtes, hélas ! un homme et donc un facho-conservateur, au point de vouloir bouger vos fesses en cadence avec d’autres hommes et femmes mélangés sur la piste de danse, faites bien attention : vous êtes en train de dériver vers l’hétéro Blanc le plus nauséabond. Si vous vous y risquez malgré tout, faites-le alors en pratiquant une de ces nouvelles danses Afro-Urbaines (sic ! ) qui sont « mixtes » : le Coupé Décalé, le Ragga Dancehall, le N’Dombolo, le Kuduro, ou le Naïja…
Je vous laisse déguster tout cela sur You Tube….

Et comme tout est politique, le HUFFPOST du 3 décembre 2023 signale que : « Marie Toussaint, tête de liste des Écologistes aux européennes, a lancé sa campagne à Paris. Une séance de « booty therapy » était au programme... la Secrétaire nationale du parti Marine Tondelier s’est livrée ce dimanche 3 décembre à une petite explication sur le concept aussi bien "politique que positif" de la "booty therapy"... Au premier rang des participants : Marine Tondelier, le sénateur Yannick Jadot, le maire de Grenoble Éric Piolle ou encore la députée Sandrine Rousseau. »

C’est du porc ? Non, du cochon !
Dans les temps reculés où je fréquentais les bancs du lycée des Pères du Saint-Esprit en Martinique, le Père Stakof, mon excellent professeur d’anglais nous enseignait, non seulement l’anglais, mais aussi les civilisations anglaise et américaine. Dans ce cadre, il nous apprit que la première grammaire française avait été rédigée en Angleterre en 1410 par Johan Barton. Elle était destinée aux petits nobles anglais pour leur permettre de parler en français comme le roi et la Cour de Londres, puisque depuis Guillaume le Conquérant, et surtout depuis l’Angevin Henri II Plantagenet, la langue de la Cour de Londres était le français. C’est pourquoi, si le menu peuple anglais disait « pig » pour désigner le cochon dans son champ, le prince anglais employait le mot français « porc » pour l’animal cuit, comme le faisaient et le font les Français depuis toujours : cochon pour le paysan, porc pour le cuistot.

Eh bien, tout cela vient de changer : une véritable révolution linguistique à bas bruit.

L’été dernier, j’étais attablé à Orange à la terrasse d’une brasserie, le menu indiquait : « Araignée de cochon. » au lieu de « araignée de porc ». Le patron passant entre les tables, je lui en demandai la raison. Il me répondit qu’à Orange, ville très méditerranéenne, le mot « Porc » était utilisé uniquement pour désigner les incroyants… insulte plus grave même que N.T.M., les menus ne pouvaient plus utiliser ce mot dégradant :
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Mais tous les clients des restaurants étant loin de venir exclusivement des « quartiers », cette explication ne peut suffire, il faut chercher ailleurs. Le mouvement «  Meetoo  » avec sa terrible guillotine «  #dénonce ton porc  » a mis le mot à l’index. Dans les médias, chaque jour livre son porc à la vindicte publique : la Croisette du Festival de Cannes, la remise des César, le monde politique, les universités, Sciences Po… Le porc, c’est le diable incarné : il était juste qu’il désertât nos cuisines au profit du cochon.
Toute révolution tendant à aller jusqu’à son terme, il est à craindre que le cochon lui-même ne finisse par déserter nos assiettes : la révolution Vegan qui démarre à peine finira par le remiser dans les musées de la gastronomie :
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Dog Mums... Childfree
Si vous êtes comme moi un Français très moyen et relativement inculte et en plus un de ces souchards nauséabonds voulant parler le français chez eux, vous pouvez traduire Dog Mums... Childfree par : « Les mamans à chiens-chiens... libres de gosses », un tout nouveau concept sociétal développé par Hélène Gateau :
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« Assumer de ne pas vouloir d’enfants et de vivre avec un animal domestique » (les hommes, elles s’en sont déjà débarrassées NDLR) c’est la thèse qui fait fureur, que doivent lire tous les Bobos en âge de procréer, que Hélène Gateau développe sur 176 pages (faut le faire !) et pour seulement 17,90€, dans son livre « Pourquoi j’ai choisi d’avoir un chien et pas un enfant » (éditions Albin Michel).

Cette vétérinaire, qui anime la rubrique « Animaux » de l’émission quotidienne Midi en France sur France 3 n’est donc qu’une demi-spécialiste : seulement des chiens, pas des enfants. Pour vous mettre l’eau à la bouche, Amazon résume ainsi ce livre : « Hélène Gateau livre ici un témoignage vif et touchant sur sa relation avec Colonel, un adorable border terrier. Elle explore avec finesse ses liens d’attachement à son chien, son non-désir d’enfant, les questions de son entourage, la frontière poreuse qui sépare parfois le monde des animaux de celui des humains… »

Je voudrais lui faire remarquer que ses arguments ne sont pas toujours pertinents : ainsi, se débarrasser d’un chien est difficile, l’abandonner ou le noyer est un délit pénal. Il faut le faire piquer ce qui coûte cher, alors qu’un enfant jusqu’à quatorze semaines, c’est remboursé par la Sécu… Et il suffit d’attendre l’été pour que le suicide assisté soit voté et applicable à partir de 16 ans, si j’ai bien compris les écolos. Admettez donc qu’aujourd’hui, les enfants ne sont pas plus définitifs que les chiens. Cela devrait rassurer Mme Gateau et peut-être même l’inciter à remplacer son Colonel par un Kévin.

Ensuite, porter un enfant pendant 9 mois, cela contrarie les évolutions de carrière, c’est vrai, mais justement la GPA va certainement être votée et Mme Gateau pourra louer pendant 9 mois un ventre prolétaire et affamé qui résoudra son problème. En outre, la GPA permettra à Emmanuel M. après le Droit à l’avortement et à l’Euthanasie de le graver dans le marbre immarcescible de la Constitution avant la fin de son mandat pour étoffer un quinquennat étique. Notez que mon orthographe est correcte : étique, et pas éthique.

Enfin, je constate que les enfants, cela peut manger des patates, et les patates c’est moins coûteux par exemple que ces croquettes dont j’ai lu l’étiquette : Ultra Premium Santé pour Colonel à 53,90€ le paquet (Ingrédients sélectionnés avec soin à l’aide de vétérinaires nutritionnistes, sans colorants, conservateurs ou arômes artificiels) N’étant pas à la télé, je peux faire de la promo...

On pourrait multiplier les arguments - même plus sérieux - en faveur des enfants… Demandons seulement à Elon Musk de pousser ses recherches pour fabriquer les enfants à moindre coût en laboratoire, ce qui devrait résoudre les problèmes de Mme Gateau, satisfaire les féministes radicales, tout en donnant du grain à moudre aux écologistes qui pourront créer des jachères sur ces éprouvettes pour en adapter la production aux besoins du marché du CO2 et du carbone…

Humusation : « Donner la vie après sa mort en régénérant la terre »
« L’Humusation est un processus contrôlé de transformation des corps humains par les micro-organismes, qui sont présents uniquement dans les premiers centimètres du sol, dans un compost de broyats de bois d’élagage, qui transforme, en 12 mois, les dépouilles mortelles en Humus sain et fertile... Écologiquement et économiquement, l’humusation est la solution pour permettre à nos corps, en fin de vie, de suivre le cycle complet de transformation en douceur. »

Pour juger sereinement, il faut revenir à la science écologique : un enterrement classique consomme 830 kg de CO2, si on ajoute un monument : 1.250 kg. de CO2, la crémation : 233 kg, enfin l’enterrement en pleine terre pour compost : 182 kg de CO2 seulement. Comme disent les jeunes : Ya pas photo !

Le professeur Salomon à 20h30 le 25 novembre 2020 après avoir annoncé le "nombre de morts du jour à l’hôpital" avait recommandé : « On coupe la bûche en deux, papy et mamie mangent dans la cuisine et nous dans la salle à manger ... on ne mange pas avec eux, même à Noël, et même si on a pris toutes les précautions avant. » Depuis Salomon et sa cuisine, nos écolos ont bien travaillé : désormais Papy et Mamie feront un très bon engrais pour nos plates-bandes. On n’arrête pas le progrès.

Si j’étais plus jeune, je proposerais volontiers à la municipalité d’Avignon, en pointe dans le combat du compost et de la végétalisation de notre ville, de proposer aux familles de mettre leurs grands-parents en compost dans la plate-bande de leurs rues et d’y faire pousser des fraises qui bénéficieraient de l’avantage d’être arrosées gratuitement l’été par les chiens-chiens à leurs mamans libres de gosses...

À toutes fins utiles, voici le bac végétalisé de ma rue :
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Il y aura bien un député ou une association pour demander à notre président de graver dans la Constitution le droit imprescriptible de se faire Humuser permettant ainsi aux Droits de l’Homme de garantir l’intégralité de la vie humaine, de l’Avortement à l’Humusation en passant par l’Euthanasie et le Suicide assisté.

Nous vivons vraiment une époque formidable, et comme le dit le poète :

Ce sont les lieux d’un nouveau jour,
Les apparences sont mortelles,
Mais les fragiles immortelles,
Ourlent les deux versants de nos chemins de boue
Jean-Paul Guibbert, Alyscamps 1974

François-Marie Legœuil
Le 2 mai 2024